Après les armes, la politique. Madani Mezrag, l’ancien chef de l’Armée islamique du Salut (AIS), bras armé du FIS dissous, a exprimé son intention de fonder une entité politique.

Dans une missive adressée à ses anciens acolytes à l’occasion de la fête de l’Aïd, l’ancien émir repenti a clairement affiché son intention de se reconvertir en homme politique. «Nous nous organisons avec les bienfaiteurs sincères, de façon officielle et légale, dans une association de prédication de bienfaisance militante de dimensions réformatrice, éducative, sociale et politique, ouverte sur toutes les catégories, dont le but est de servir les gens, sauver et bâtir le pays», a-t-il écrit, selon les extraits publiés par le journal Le Temps d’Algérie.

Le message de Madani Mezrag ne parle pas franchement de la création d’un parti politique. Il trace ce qui s’apparente à une association de bienfaisance. L’objectif de l’association qu’il fonde a pour objectif «la participation dans la promotion de la société, la dotation de la scène politique en hommes compétents, en idées fortes et les palliatifs possibles à concrétiser». Plus que cela, l’ex-«émir» national a invité ses adeptes de l’ex-AIS au «retour à la mosquée», ajoutant que le choix de la création d’une association a eu lieu «après consultation, mettant le régime et ses hommes devant leurs responsabilités historiques et leurs engagements moraux».

Ce nouveau mouvement est-il un moyen de retrouver les anciens membres de l’AIS qui ont bénéficié de la Concorde civile ? Ou est-ce juste un moyen de rester au-devant de la scène publique en attendant un nouveau parti politique ? Tout est possible, d’autant plus que le même personnage a tenté dans un passé récent de fonder un parti politique. Affaire à suivre.

Essaïd Wakli