A moins de deux ans des élections présidentielles de 2014, les intentions politiques se font jour. Partis politiques et personnalités nationales sont aux aguets. Certaines ne sont pas connues du grand public. C’est le cas du Général Mohand-Tahar Yala.

L’ancien chef d’Etat-major des forces navales veut sortir de sa retraite militaire pour embrasser une carrière politique. Mohand-Tahar Yala, qui a quitté ses fonctions en 2005, a rendu public, ce matin de lundi 22 octobre, un appel dans les colonnes du journal El-Watan. Il y expose son diagnostic de la situation du pays et fait connaître ses propositions.

Le constat que fait Le général Yala est accablant. Il parle de mal dans tous les domaines de la vie nationale. « La justice va mal. Le nouveau ministre de la Justice en a lui-même tracé un tableau sombre. Ses sanglots publics peuvent être interprétés comme un signe d’impuissance tant l’environnement général est délétère. L’économie va mal, tant elle est basée sur la rente. Les exportations d’hydrocarbures couvrent 98% des entrées en devises ; malgré les efforts déclarés de sortir de la spirale de la dépendance. Les activités stratégiques, souvent mises sur pied au prix de grands sacrifices dans les premières années d’indépendance, ont purement et simplement été bradées», écrit-il. Pis, il  avance que le système éducatif est en faillite. « Des dizaines de milliers d’exclus du système scolaire se retrouvent livrés à eux-mêmes, des dizaines de milliers de diplômés de l’université ne parviennent pas à trouver d’emploi », ajoute-t-il. Le constat est valable également pour la Santé et le reste des domaines.

Pour se projeter dans l’avenir, le Général Yala préconise la fondation d’une deuxième république « basée sur la citoyenneté ». «Notre concept de citoyenneté est une véritable révolution pour une Algérie forte. Une Algérie qui ne vivra plus jamais toutes les tragédies subies par elle jusque-là, la tragédie du sang des années 1990, ainsi que celle de la corruption qui s’en est suivie et qui n’est pas des moindres », propose-t-il. « La première tâche consiste à concevoir un projet de «pacte national de citoyenneté», nourri et enrichi par un débat populaire incontournable qui implique toutes les composantes de notre société pour être soumis ensuite à référendum. Ce texte rassembleur, premier acte fondateur de la IIe République, principal instrument de la citoyenneté, arrêtera les valeurs pérennes, les grands principes de l’identité nationale plurielle, les fondamentaux de gouvernance et fixera le «standard social minimum garanti» de citoyenneté », écrit encore Mohand-Tahar Yala, qui n’a pas cependant dit s’il va se lancer dans la course à la présidentielle.

Cette sortie de l’ancien chef d’Etat-major des forces navales (2002-2005) n’est la première d’un ancien militaire. D’autres chefs, à l’image de Rachid Benyellès, se sont déjà lancés dans l’aventure politique. Mais sans résultat.

Essaïd Wakli

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