La journaliste franco algérienne est à nouveau nominée pour recevoir un prix pour sa carrière de journaliste. A cette occasion Nabila Ramdani  revient sur son parcours professionnel et personnel. 

Nabila Ramdani / © Milton Boyle

Nabila Ramdani a brillamment réussi une carrière de journaliste en Angleterre. Elle travaille pour de nombreux grands médias  tels que The Guardian, The Observer, The Independent, London Evening Standard. La journaliste franco-algérienne intervient également sur la chaîne de télé BBC et collabore avec des grands titres français tels que Le Monde ou Le Figaro.

Aujourd’hui sa carrière est à nouveau récompensée, car elle fait partie des nominés pour The Arabs Group Achievements Awards 2012 qui auront lieu le 1er décembre à Londres. Ce prix récompense les personnes d’origine arabe qui excellent dans leur domaine ou leur carrière en occident, contribuant ainsi au rayonnement de leur communauté. Les gagnants sont désignés par le public.

D’origine algérienne, Nabila est née en France et y a grandi avant de s’expatrier à Londres pour mener sa carrière de journaliste. Elle ne se sentait pas à l’aise dans la société française qu’elle trouve un peu « trop étroite d’esprit », et bloquée dans les préjugés. C’est ainsi qu’elle choisit d’émigrer en Angleterre, où elle gagne une certaine liberté personnelle et professionnelle par rapport à la France. « Il y a en Angleterre une presse farouche qui tient ceux qui sont au pouvoir, ceux qui ont de l’argent, explique-t-elle. J’ai essayé de commencer une carrière de journaliste en France, mais c’est un cercle très fermé. Il y a un système très verrouillé. »

Une femme d’influence et de coeur

A nouveau nominée pour un prix, Nabila n’en est pas à sa première récompense, elle a déjà plusieurs distinctions. Elle a notamment été récompensée pour son travail en 2010 en obtenant la première édition du “Prix de femme musulmane d’influence”Devant tant de reconnaissance, Nabila confie que « ça fait chaud au cœur, ça a beaucoup d’importance que mon travail soit reconnu. Les efforts que je fais au quotidien et que mon professionnalisme soit reconnu et récompensé par des organismes internationaux. »

Sa carrière elle l’a construite grâce à un grand professionnalisme et des idées assumées.  Ses analyses sur le monde arabe, dont elle est spécialiste sont souvent reprises et citée, car la jeune femme n’a pas peur de la critique. Sa méthode de travail est simple : « Je suis transparente dans ce j’écris, mais j’accepte la critique respectueuse. Moi-même je fais très attention à ne pas offusquer qui que ce soit, je pense que c’est important de ne pas heurter, mais en même temps il faut savoir donner des coups de pieds dans les fourmilières. »

Elle confie que sa plus grande source de bonheur reste encore «  la rencontre des gens sur lesquels j’écris, que je vais rencontrer dans différentes parties du monde. Ce qui m’intéresse surtout c’est l’humanité au cœur de chaque article que j’écris. Il y a beaucoup de gens qui m’écrivent et qui me disent à quel point ils sont touchés par ce que j’écris. Touchés par le fait que quelqu’un exprime exactement ce qu’ils pensent. C’est la plus grande récompense pour moi.»

Défendre des causes

Elle a épousé le métier de journaliste pour s’impliquer dans des causes importantes. « J’ai très à cœur d’écrire des articles d’opinion, c’est ce dont je suis le plus fière, réfléchir sur des situations qui préoccupent des milliers de personnes, de dénoncer les préjudices. »

« Je sais exactement ce que c’est que de grandir dans un milieu modeste, et je sais ce que ça veut dire de ne pas avoir les outils pour se battre et se défendre, et ça me fait souffrir de voir des gens se faire piétiner dans un système dans lequel ils ne savent pas se battre. Et c’est ce qui me fait lever le matin et me battre. »

L’Algérie, au cœur de son identité

Nabila Ramdani vit actuellement en Angleterre mais n’a pas coupé les liens avec l’Algérie. Au contraire, le pays de ses parents est omniprésent dans son identité. «Je suis d’origine algérienne née en France mais je connais très bien l’Algérie, mes parents ont beaucoup mis l’accent sur la culture arabe, par exemple la religion musulmane. J’ai grandi dans ce contexte la ça a forgé mon identité.»

Elle retourne souvent sur  la terre de ses aïeux et explique qu’elle y retournera « certainement au mois de décembre à l’occasion de la visite de François Hollande.» Depuis Londres elle écrit beaucoup sur l’Algérie. « J’écris surtout sur les relations historiques entre la France et l’Algérie. Notamment sur le 50e anniversaire de l’indépendance, où j’ai écrit des articles un peu plus personnels. Je racontais un petit peu ce que mon père a vécu, ce qu’ont vécu les populations algériennes pendant la guerre mais aussi ce qu’a vécu la communauté algérienne en France. C’est vraiment un thème que j’ai à cœur.»

Sa vision envers la situation de l’Algérie en 2012 est assez compatissante. « L’Algérie a une situation particulière en Afrique du nord et c’est principalement dû à 132 ans de colonisation et puis une guerre d’indépendance extrêmement sauvage, près d’un million de personnes ont été tuée. C’était particulièrement sanglant.»

Amina Boumazza

Les détails The Arabs Group Achievements Awards, pour connaître le déroulement de la cérémonie et voter pour Nabila Ramdani.