L’Algérie n’a finalement pas les moyens de sa politique. En laissant Qatar Télécom acheter de nouvelles actions de Wataniya Télécom, le ministère des Finances n’a pas tenu la promesse d’exercer le droit de préemption sur toute opération de vente ou d’achat de Wataniya télécom Algérie.

Qatar Télécom a racheté la majorité des actions de Wataniya Télécom,/ DR

Comme pour l’affaire Djezzy, le gouvernement algérien n’a visiblement pas le choix. Alors qu’il a avancé ses pions en vue d’empêcher toute transaction qui lui passerait par-dessus la tête, le ministère des Finances n’a fait en fin de compte que de l’agitation.

Pourtant, Karim Djoudi et ses services savaient. Tout le monde –ou presque- savait qu’en plus de l’handicap financier qui empêcherait l’Etat d’acquérir des opérateurs qui risquent de devenir plus tard des boulets difficiles à gérer, les règles du marché international ne donnent pas un quitus au gouvernement d’acheter une entreprise sous le seul prétexte d’appliquer le droit de préemption. Dans le cas présent, ce principe ne pouvait s’appliquer pour une raison très simple : dans le cas présent, Qatar Télécom n’a pas racheté directement la filiale algérienne, WTA, qui, elle, relève du droit algérien. Puis, quelque soit le repreneur, le fonctionnement de la filiale algérienne ne risque pas d’être chamboulé. A fortiori lors que l’acquéreur est de nationalité qatarie, un pays qui entretient d’excellentes relations avec l’Algérie.

L’autre raison qui a poussé l’Etat à ne pas exercer de droit de préemption est sans doute le prix de l’entreprise. Sûrement échaudés par l’interminable affaire Djezzy, les responsables algériens ne veulent désormais pas  s’entêter à vouloir acheter des sociétés qu’ils ne parviendront pas à gérer. Surtout quand l’entreprise coûte plusieurs milliards de dollars ! Et puis, « à quoi cela servira s’il s’agit de reproduire la gestion des entreprises publiques du secteur », indique un journaliste spécialisé.

Il y a un réel problème de crédibilité. Le gouvernement a déjà trop fait dans l’affaire Djezzy. Cette dernière reste toujours dépendante de la firme Orascom nonobstant les changements de propriétaire de la holding jadis gérée par l’Egyptien Sawiris. Pourtant, le gouvernement algérien finira, tôt ou tard, par concrétiser sa promesse d’acheter le « premier opérateur de téléphonie mobile ». Y-a-t-il moyen de revenir en arrière ? L’option est de plus en plus sérieuse. Autant ne pas miser sur Nedjma.

E. W.

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