Le Conseil de Sécurité des Nations Unies ménage le chou et la chèvre. Dans la résolution 2071, prise vendredi, concernant la situation au Mali, les membres de cette instance ont appelé les pays de la CEDEAO à faire usage des armes, comme le revendique la France, mais elle laisse le temps à la discussion, un souhait de l’Algérie.

Le ministère des affaires étrangères s’est dit en partie satisfait de la résolution de l’ONU / DR

L’Algérie ne jubile pas, mais elle semble être confortée dans sa position. « Il s’agit d’une résolution qui cristallise la convergence entre les différentes approches qui étaient sur la table et à ce titre nous la considérons comme positive car elle reprend de nombreux éléments de la démarche algérienne », a expliqué Amar Belani, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par l’agence APS. Cette résolution « appelle, selon Belani, les autorités maliennes à engager un dialogue politique crédible avec les groupes de la rébellion touarègue dans le cadre d’une solution globale qui préserve l’unité nationale, l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali et à condition que les groupes rebelles se dissocient des mouvements terroristes et des groupes qui leur sont affiliés, à savoir l’AQMI et le MUJAO ». Il note que, « Par ailleurs, les pays voisins sont impliqués dans l’accompagnement du processus politique malien dans la recherche d’une solution viable ».

Dans sa résolution, le Conseil de Sécurité, qui a rejeté dans les formes une demande d’intervention militaire effectuée par les pays membre de la CEDEAO (Comité des Etats de l’Afrique de l’Ouest) donne cependant mandat à ces derniers d’intervenir. Mais, en même temps, il leur donne un délai de 45 jours. Un intermède qui sera consacré probablement aux discussions politiques.

Cette résolution ne désavoue donc ni les partisans du dialogue, emmenés par l’Algérie, ni ceux qui, à l’image de la France, appellent à une intervention militaire. Ceci même si l’Algérie a indiqué, jeudi 11 octobre, qu’elle n’est pas contre une intervention militaire.

A rappeler que le Nord du Mali est séparé, depuis avril dernier, du reste du pays. Au départ, la zone frontalière avec l’Algérie était occupée par le MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad). Des groupes islamistes radicaux ont ensuite pris le relais. Ces derniers ont même décrété l’application de la Chariaâ dans plusieurs localités de la région.

Le Mali, impuissant, a demandé officiellement une intervention militaire étrangère.

Essaïd Wakli

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