L’anniversaire des premières élections libres s’est déroulé dans un climat de tension. Les divisions restent profondes entre Ennahda et l’opposition.

Le 23 octobre 2012 est une date clé dans l’histoire de la Tunisie puisqu’elle marque le premier anniversaire de l’Assemblée nationale constituante, dont l’élection a consacré la révolution qui avait chassé le président Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir. Mais elle marque aussi les divisions de la classe politique actuelle et la paralysie qu’elles engendrent.

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Depuis des mois la coalition au pouvoir, dirigée par les islamistes d’Ennahda, et l’opposition s’affrontent. Ces provocations verbales dégénèrent parfois en violence physique, comme en témoigne la mort de Lotfi Naguedh, coordinateur du parti d’opposition Nidaa Tounès à Tataouine, décédé le 18 octobre lors d’affrontements entre son parti et des sympathisants d’Ennahda.

Le Chef d’Etat tunisien, Moncef Marzouki, a tenté de calmer les esprits lors d’un discours à la tribune de l’ANC. « Nous ne pouvons rien construire sur la base de la haine et de la remise en cause de l’autre », a-t-il souligné, appelant les partis à cesser de se « diaboliser » les uns les autres.

L’absence de dialogue national a engendré une certaine paralysie politique. L’adoption d’une nouvelle Constitution est toujours au point mort et une partie de la classe politique estime que le gouvernement n’a plus de légitimité faute d’avoir constitué la loi fondamentale dans l’année qui a suivi l’élection de l’ANC. Une partie de la population tunisienne se plaint toujours des difficultés socio-économiques auxquelles elle est confrontée et qui avaient d’ailleurs déclenché la révolution.

La minorité salafiste djihadiste profite de ce climat de division pour orchestrer des attaques, la plus récente étant celle de l’ambassade américaine le 14 septembre qui a fait 4 morts. Amnesty International a de son côté émis des craintes sur l’engagement du gouvernement actuel en matière de respect des droits de l’Homme. L’organisation relève dans un document appelé « la Tunisie, un pas en avant deux pas en arrière », que « les restrictions à la liberté d’expression se sont durcies » sous prétexte « de maintien de l’ordre public et moral ».

LS