La Tunisie abrite des camps d’entrainement de djihadistes. Il s’agit d’une information rapportée par différents médias français ce dernier mois.  Les révélations de l’hebdomadaire français Marianne et le reportage diffusé sur Canal+ affirment qu’après les bouleversements de la révolution tunisienne, les fondamentalistes religieux sortent de l’ombre et visent à imposer la charia.

Les révélations fracassantes qui se sont succédées ce dernier mois laissent penser que les autorités tunisiennes sont en plein affrontement avec les islamistes radicaux.

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L’hebdomadaire français Marianne dans son édition du 23 octobre dernier écrit : «Dans le nord et le sud du pays, des groupes islamistes s'entraînent à la guerre sainte, pour partir combattre en Syrie ou au Mali. Et demain, en Tunisie ? Les pays occidentaux ferment les yeux pour des raisons politiques, et l'Algérie s'inquiète». L’hebdomadaire ajoute qu’au moins deux camps d’entrainement appartenant aux salafistes tunisiens sont connus : l’un dans le nord, dans la région de Tabarka, et l’autre dans le sud, dans la région proche de la frontière commune à la Tunisie, à l’Algérie et à la Libye, non loin de l’oasis libyenne Ghadamès. L’existence de ces camps djihadistes en Tunisie signifierait que la transition se présente mal et qu’aucun pays européen ne souhaite prendre cette responsabilité, affirme un diplomate européen cité par Marianne.

Selon les révélations du même hebdomadaire, un arsenal de différentes armes sont stockées sous les sables du désert. A ce sujet un haut responsable de la police tunisienne affirme : « les combattants formés à la guérilla dans les camps (…) sont prêts à en découdre lorsque le Djihad sera déclaré en Tunisie, si l’Etat islamique ne se fait par la voie légale». Selon lui, ces combattants sont aussi envoyés en Syrie comme c’était le cas lors du conflit libyen.

De même, lundi 29 octobre dernier, Canal+ a diffusé un reportage intitulé «Islam radical : les djihadistes en embuscade». Le reportage révèle notamment que les fondamentalistes religieux en Tunisie n’ont qu’un seul projet depuis la chute du régime de Benali : instaurer la charia. Le reportage affirme qu’Abou Yadh, leader des salafistes djihadistes d’Ansar al-Charia en Tunisie, et ses partisans manifestent désormais publiquement pour mettre la pression sur le gouvernement.

Réagissant à toutes ces révélations, le ministre tunisien de l’intérieur a démenti les informations publiées par Marianne sans toutefois nommer le périodique français. Le communiqué de ce même ministère publié sur sa page Facebook le 30 octobre écoulé, affirme que «les forces de sécurité intérieure et les unités de l’armée nationale coopèrent et collaborent tout en restant vigilantes pour protéger les frontières du pays et prévenir les dangers pouvant menacer la sécurité de la Tunisie ».

Ce démenti n’efface pas l’impact des révélations, mais il incite à poser cette question : Faut-il croire les révélations de Marianne et de Canal+ ?

 I.C