Pour parler de salafisme, il faut d’abord le définir, et ce ne se sont pas les écrits et les recherches sur cette idéologie qui manquent. Il suffit pour le citoyen lamba d’entamer des recherches et tout le plateau de cette doctrine lui y est servi.

Né dans le désert du Nejd, dans le périmètre de l’actuelle capitale saoudienne, le wahhabisme tire son nom de Mohamed Ibn Abdelwahab. Prédicateur musulman du 16ème siècle qui voulait par les tous les moyens faire propager sa vision de l’Islam, rigoriste. Et pour les moyens, il en trouva. Il se lie d’amitié avec l’émir du Nejd, Abderrahmane Al Saoud, l’arrière arrière arrière grand père de l’actuel roi d’Arabie Saoudite, Abdallah Ibn Abdelaziz Ibn Saoud.

L’émir voulant conquérir les terres d’Arabie, du Golfe persique à la mer Rouge, de l’Irak au désert de Rubuu Al Khali, accepta l’alliance avec le prédicateur. Les deux hommes se sont entendus sur deux poings essentiels. Le premier regroupe ses hommes pour propager la doctrine d’Abdelawahab, et ce dernier devient le fakih de la principauté.

 Émirat après émirat, terre après terre 

Ainsi commença les conquêtes; mètre après mettre, émirat après émirat, terre après terre, l’émir du Nejd arrive à prendre une grande partie de l’Arabie. Mais le Hedjaz, gouverné alors par l’Empire ottoman, pousse la Sublime Porteà stopper la fusion idéologique et les armées d’Ibn Saoud. Le sultan ottoman envoya Ibrahim Pacha pour arrêter l’émir du Nejd et son cheikh wahhabiste  Il réussit. Il arrive même aux portes de Riad. Ibrahim Pacha, en homme de guerre qu’il est, n’hésita pas bombarder les troupes adverse? Ibn Seoud se retranche. Abdelwahab meurt dans le bombardent. Mais deux siècles plus tard, les descendants de Abderrhamane Ibn Seoud n’ont pas oublié cet affront, d’autant plus que dans la tradition arabique, la mémoire collective est très vive.

Abdelaziz ibn Seoud regroupe autour les Ikhwans, nom des fidèles wahhabistes pour repartir à la reconquête de l’Arabie que son ancêtre avait presque réussi. C’était au début du 20ème siècle. Comme son arrière grand père, il enregistre succès après succès. En même temps Lawrence dit « d’Arabie » avait proposé au Cherif hachémite de la Mecque la création d’un royaume arabe, mais était obligé de s’allier avec les britanniques pour évincer les ottomans. En 1917, le ministre des affaires étrangères rédige un texte qui porte son nom, la déclaration de Balfour, qui suggère, mais en fait prépare, la naissance d’un foyer juif en Palestine, le préambule de l’Etat sioniste. Les ottomans sont vaincus. Les britanniques alimentaient les armées arabes. Mais une fois que l’émir Hussein, le chérif de la Mecque découvre les accords secrets de Sykes-Picot, il constate la trahison. De l’autre côté, les Saoud avancent. Ils réussissent à chasser le chérif de la Mecque et prennent la ville et celle de Médine, deux des trois lieux saints de l’Islam. Ils imposent leur diktat. Jusqu’à présent, il est courant d’entendre dans le Hedjaz que les Saoud sont des colonisateurs.

Le Roi réprime les Ikwans 

Abdelaziz Ibn Saoud proclame en 1932 la naissance de son état. Deux ans plus tard, il découvre du pétrole, dans la région est. Les américains passent à l’offensive énergétique. Les Ikhwans commencent à contester l’autorité des Saoud car jugeant qu’ils n’appliquent pas assez la charia. L’émir devenu roi prend fureur et consulte le conseil des savants (oulema). Ils lui autorisaient de mater la rébellion. Les ikwans périssent.

Les Saoud ne maîtrisant pas l’extraction du pétrole. Ils négocient avec les américains. Et le plus important pour eux est signé en 1945. Le roi Abdelaziz Ibn Saoud fait la moitié du déplacement pour rencontrer le président américain Rosevelt, et dont ce dernier avait aussi fait la moitié du chemin. Les hommes signent le traité qui porte le nom du navire, pour devenir le pacte de Quincy, texte renouvelé en 2002. Il stipule que les saoudiens fournissent en suffisance les américains en pétrole, et ne les laisseront jamais sans stock. En contrepartie, les américains garantissent la protection du trône wahhabiste. Cette relation américano-saoudienne est un sujet sensible en Arabie saoudite.

 

 Haroun Charki

 

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