A chaque fois que les relations entre l’Algérie et le Maroc s’orientent vers la normalisation, un vieux démon ressurgit. Une nouvelle polémique éclate, ces derniers jours, entre Rabat et Alger a propos des citoyens des deux pays expulsés durant les années 1970 suite notamment à la « guerre des sables » qui avait opposé les deux pays.

Tout a commencé par une « interpellation » d’un groupe de députés marocains. Ces derniers ont posé une question au ministre marocain délégué aux Affaires étrangères à propos de la récupération des « biens des marocains expulsés d’Algérie ». Le ministre a indiqué que son pays «ne cesse de déployer des efforts pour leur trouver les solutions adéquates, à travers l’incitation de la partie algérienne à ouvrir un dialogue sérieux et responsable à ce sujet ». Le Maroc « ne ménagera aucun effort pour défendre ses ressortissants expulsés d’Algérie pour leur permettre de récupérer leurs biens et recouvrer leurs droits, dont ils sont privés depuis plus de 35 ans », selon les propos rapportés par l’agence marocaine MAP.

L’Algérie n’a pas tardé à réagir. « La très grande majorité des Marocains qui ont quitté l’Algérie à la fin de l’année 1975 n’était pas constituée de propriétaires de biens personnels en Algérie mais de locataires de biens appartenant à l’État ou à des tiers », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères, Amr Belani, dans une déclaration écrite mise en ligne par Tout sur l’Algérie. Ce dernier a en outre indiqué que « durant la même période, des centaines de ressortissants algériens ont été expulsés du Maroc et que leurs biens ont été expropriés sans indemnisations. Par ailleurs, des milliers d’hectares de terres agricoles et des centaines de biens immobiliers appartenant aux ressortissants algériens ont été « nationalisés » sans indemnisation, à la faveur d’un dahir du 2 mars 1973 portant « transfert à l’État marocain des immeubles agricoles appartenant aux personnes physiques étrangères ou aux personnes morales ».

Une commission mixte a été mise en place en 2003. Mais sans résultat. Puisque malgré la tenue de plusieurs réunions, aucune solution n’est encore envisagée. Et les médias en rajoutent une couche. C’est le cas de cette grande manchette du journal Echourouk qui a titré : « L’Emir des Musulmans doit rembourser 2 milliards de dollars à l’Algérie ». Une affirmation qui n’a pas manqué de susciter des réactions de l’autre coté de la frontière Ouest. Autant dire que le problème reste posé.

Essaïd Wakli