Deux ans après sa mort, le général Marcel Bigeard, l’une des figures de proue de la torture durant la guerre d’Indépendance en Algérie, a reçu l’hommage officiel de la France. Le ministre français de la Défense, Jean‑Yves Le Drian, a même estimé que le général Bigeard, celui pour lequel la torture était un « mal nécessaire en Algérie », est « une personnalité qui mérite le respect ».

« Qu’on le veuille ou non, le général Bigeard est une figure emblématique de notre histoire militaire. Il était aimé et respecté de ses hommes. Il s’est particulièrement illustré comme résistant et comme soldat en Indochine. Il fut par ailleurs député pendant dix ans et secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense de l’époque Yvon Bourges », a fait remarquer encore le ministre français de la Défense lors d’un entretien publié mardi dans les colonnes du quotidien régional Corse-Matin.

Il est à signaler que le ministre français va présider aujourd’hui la cérémonie du transfert des cendres du général Bigeard au mémorial des guerres d’Indochine de Fréjus, au sud de la France. D’après  Jean-Yves Le Drian, cette cérémonie répond d’abord à un souci d’apaisement.

 » Je ne cherche nullement à masquer ce qui s’est passé en Algérie. Je constate que l’armée elle-même ne se voile pas la face sur ce sujet difficile. Une exposition récente au musée de l’Armée sur la guerre d’Algérie dans toutes ses dimensions, y compris les plus sombres, a d’ailleurs été unanimement saluée cette année », a expliqué encore le ministre français lequel ne manque pas de préciser qu’il a tenu à rendre « un hommage à une période de la carrière du général Bigeard que personne ne conteste ». « C’est dans ces conditions que j’ai accepté d’être présent à Fréjus », a-t-il conclu.

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