Karim Tabbou rompt définitivement les liens avec son passé militant. L’ancien Premier secrétaire national du Front des Forces socialistes, le plus vieux parti d’opposition en Algérie, a annoncé, ce samedi 3 novembre à Alger, la création officielle d’une nouvelle formation politique.Largement inspiré des principes du FFS, le nouveau parti s’appelle Union démocratique et sociale. Loin d’être « un parti éprouvette sorti de laboratoire », Karim Tabbou définit le nouveau venu comme une synthèse des expériences du passé. La grande référence de l’UDS est la déclaration du 1er Novembre qui prévoyait une Algérie démocratique et sociale.

« Le choix du 1er novembre pour annoncer la création de ce parti n’est pas fortuit », a expliqué le député de Tizi-Ouzou lors d’une conférence de presse animée dans un restaurant situé sur les hauteurs de la capitale. « Nous sommes à la recherche de la parole juste et un engagement sérieux », a-t-il expliqué comme définition à sa formation politique.

Selon Karim Tabbou, qui se considère pour l’instant comme simple membre fondateur, l’UDS s’engage à respecter « tous les pluralismes : politique, médiatique, culturel et cultuel ». Il refuse par contre d’employer le terme « laïcité », parce qu’il est « contre les vocables importés qui n’ont pas d’encrage dans la société algérienne ».

En plus des principes démocratiques qu’elle ambitionne d’appliquer en Algérie, l’UDS se veut, selon ses promoteurs, une formation qui œuvrera à l’édification du Maghreb des peuples.  « Il faut mettre fin à cette guerre froide qui existe entre l’Algérie et le Maroc », a clamé Karim Tabbou qui renvoie la résolution du conflit au Sahara occidental aux instances onusiennes. « Il est anormal que les échanges entre les pays maghrébins sont minimes », s’est-il désolé.

Interrogé sur sa position sur la question du conflit au Mali, Karim Tabbou a préféré la prudence. « Je ne suis pas un expert des affaires militaires. En revanche, je constate que, de manière générale, à chaque fois qu’il y absence de démocratie, c’est la voie ouverte à tous les archaïsmes », a-t-il indiqué en référence aux interférences entre populations touarègues dans le Sahara.

Sur le plan organique, l’UDS va déposer son dossier de demande d’agrément vers la fin du mois de novembre. Karim Tabbou, entouré de beaucoup de cadres même s’il dit refuser un parti de « superstars », est fier de dire que la nouvelle formation, présente dans une trentaine de wilayas, « aura un fonctionnement démocratique ». « Ce sera l’élection à tous les niveaux de responsabilité.

Même le choix des candidats aux élections se fera avec l’organisation de primaires », a-t-il dit.

Avant d’arriver à toutes ces explications, l’ancien responsable du FFS a dressé un tableau noir de la situation dans le pays. Il s’étonne que le pays, en principe riche, compte autant de pauvres et les affaires de la cité soient très al gérées.

Essaïd Wakli

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