Des grèves et des manifestations ont eu lieu en Jordanie, certaines dégénérant en émeutes violentes, suite à l’annonce du gouvernement d’une augmentation des prix du carburant et du gaz.

Cette hausse concerne les prix de l’essence – de 0,71 dinars (0,78 euros euros) à 0,80 dinars (0,88 euros) – et de la bonbonne de gaz domestique – de 6,5 dinars à 10 dinars (11 euros), soit une augmentation de 53%.

Cette soudaine augmentation, suivie de celle de 11% des prix des transports publics, a suscité la condamnation des Frères musulmans, principale force de l’opposition, qui a mis en garde contre un mouvement de « désobéissance civile » à quelques semaines des élections législatives de janvier qu’ils entendent boycotter. Ils réclament une révision du système électoral qui privilégie, selon eux, les régions rurales, considérées comme loyales au gouvernement, mais aussi un système parlementaire dans lequel le Premier ministre serait issu de la majorité du Parlement et non plus nommé par le roi.

De violentes émeutes ont éclaté dans plusieurs villes du pays, notamment à Amman, la capitale, où des manifestants ont bloqué la principale rue du centre-ville, ainsi qu’à Salt, devant la résidence du Premier Ministre Abdallah Nsour où la foule a été dispersée par la police qui a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau.

Les manifestants demandaient la démission du gouvernement de M. Nsour qui a annoncé deux jours auparavant un déficit budgétaire 2012 de 3,8 milliards d’euros et parlé d’une situation économique « très précaire ».

Les islamistes et d’autres groupes ont essayé de manifester près du ministère de l’Intérieur, sur la place Gamal Abdel Nasser, où 24 personnes avaient été arrêtées le 13 novembre au soir après une manifestation ayant réuni plus de 2.000 personnes. Mais la police anti-émeutes a bouclé le secteur, provoquant des embouteillages et empêchant les protestataires d’approcher.

Des émeutiers en colère ont attaqué un commissariat à Irbid, deuxième ville la plus peuplée du pays, faisant un mort et de nombreux blessés, selon la Direction de la sécurité publique.

Depuis le début du printemps arabe, la Jordanie est le théâtre de manifestations pacifiques et régulières portant principalement sur la demande de réformes politiques. Mais les émeutes de ces derniers jours sont plus violentes et s’en prennent pour la première fois directement au pouvoir en place.

LS

Notez cet article