Le kidnapping et le meurtre de Chaïma, la petite fille de 8 ans de Zéralda, est sur toutes les lèvres cette semaine. Ce drame rappelle les dangers qui menacent les enfants algériens au quotidien. D’après le réseau Nada pour la défense des droits de l’enfant, la menace de kidnappings est bien réelle, et révélé que des milliers d’enfants ont été victimes d’enlèvements cette année.

«1000 à 1500 » cas de rapts d’enfants seraient signalés chaque année en Algérie d’après le réseau Nada, rapporte le quotidien Réflexion. Ce chiffre est incroyable et n’est malheureusement pas le seul qui inquiète les organismes de protection de l’enfance. La Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche médicale (Forem) qui a récemment établi un bilan annuel des violences faites aux enfants, recense près de  50 000 cas de maltraitances chaque année. Pire, la Forem note qu’en moyenne 10 000 enfants sont victimes d’abus sexuels par an, soit plus d’un par jour. Une réalité que les autorités algériennes ne peuvent plus ignorer, tant elle est nauséabonde.

Comment mettre un terme à ces faits ignobles ? La mise en place d’un système d’alerte et de prévention est de plus en plus évoquée. A l’image de beaucoup de pays qui ont développé « l’alerte enlèvement », qui dans le passé a permis de sauver des enfants du pire. Relayer l’information dans toute l’Algérie permettrait sans doute de sauver des vies.

Mais ces derniers jours plusieurs associations et militants ont prôné une méthode plus radicale, ils étaient d’avis d’appliquer la peine capitale dans les cas de viols ou de meurtres sur les enfants, notamment la Forem qui a relancé ce débat, il y a quelques jours à la radio. « Nous sommes parmi les gens qui disent qu’en cas d’enlèvements d’enfants suivis d’agressions sexuelles et d’assassinats, la peine de mort doit être rétablie », avait déclaré Mustapha Khiati, le président de la Forem. De même, des militants ont lancé une pétition pour que cessent ces abus avec le rétablissement de la peine de mort.

De manière générale les défenseurs des droits des enfants demandent une révision du code pénal. A l’heure actuelle il prévoit que les maltraitances sur un enfant sont passibles de peines d’emprisonnement allant d’un à cinq ans et d’une amende de 500 à 5000 DA, selon l’article 261 du code pénal. Les meurtres d’enfants sont quant à eux passibles de 10 à 20 ans de prison, selon le même article.