En Algérie, pour la énième fois, un drame aurait pu être évité et des vies humaines auraient pu être sauvées. Mais pour cela, il aurait fallu que les autorités publiques assument leur véritable responsabilité. Et ce n’était, malheureusement, pas le cas à Tizi-Ouzou où un pont vétuste, qui se trouvait depuis longtemps dans un état lamentable, a fini par s’effondrer au moment où quatre véhicules l’ont traversé.

Le pont qui date des années 40, à savoir la période coloniale, a lâché et ces véhicules se sont précipités rapidement  dans ravin. Le premier bilan avancé par les services de la Protection Civile dépêchés sur les lieux fait état de deux morts et d’une dizaine de blessés dont quelques-uns seraient dans un état comateux même si pour l’heure, rien de précis n’a été communiqué par les autorités locales sur l’état de santé des blessés. En tout cas, une chose est sûre, la réfection de ce pont qui relie Tizi-Ouzou à la localité de Boghni, située à 30 km au sud de Tizi-Ouzou, réclamée depuis longtemps par les habitants, aurait empêcher ce drame.

La wilaya de Tizi-Ouzou qui ne consomme pas totalement son budget aurait pu intervenir à temps pour ordonner la consolidation de ce pont emprunté par de nombreux automobilistes. Amar Ghoul, le ministre des Travaux Publics, s’est rendu, quant à lui, sur les lieux de ce drame a reconnu à demi-mot cette réalité amère puisqu’il a exigé à ce que l’on procède rapidement à l’expertise technique de cet ouvrage précaire. Il est à signaler que des milliards de centimes débloqués pour des projets de développement local n’ont pas été utilisés par cet wilaya, ont révélé récemment certains membres de l’APW de la wilaya de Tizi-Ouzou. C’est dire enfin que ce ne sont pas les ressources financières qui manquent aux autorités locales. En revanche, le bon sens et l’esprit de responsabilité, eux, ils font toujours défaut aux décideurs de la wilaya.