L’ennui est devenu une constante nationale en Algérie. Nous en avons beaucoup parlé et l’avons soutenu à maintes reprises : en Algérie la vie routinière est si étouffante qu’il devient impossible de s’épanouir. Dans notre pays, l’ennui est devenu dès lors une maladie chronique. Une maladie que la sécurité sociale ne peut guère rembourser. Des salles de cinémas qui se comptent sur les doigts d’une main, des concerts et des spectacles aussi rares que certaines pierres précieuses, des animations culturelles épisodiques, des tournois sportifs et des matchs de foot insipides,  l’Algérie offre chaque jour à ses habitants un tableau maussade qui déprimerait le plus optimiste et jovial des hommes.

Rythmée par les mêmes et sempiternelles tâches, la vie quotidienne enfonce encore davantage les Algériens dans une spirale de stress. Embouteillages, bureaucratie, problèmes de stationnement, des réseaux de transports en commun catastrophiques, une présence policière disproportionnée et suffocante, des institutions publiques inhospitalières, toutes ces raisons, et d’autres encore, contribuent à rendre la vie morose. Les conséquences de cette sombre situation ne se sont pas fait attendre : un sentiment de malaise national et une qualité de vie des plus piètres dans le monde. Les classements mondiaux et les rapports internationaux confirment ce constat amer d’une année à une autre : en Algérie, il ne fait pas bon vivre !

De leur côté, les opérateurs privés ne font rien pour développer aussi une industrie du loisir en Algérie. Rares sont encore les investisseurs qui osent défricher ce créneau pourtant prometteur. Et pourtant, certaines expériences sont encourageantes à l’image des Piscines Kiffan Club à Bordj El Kiffan, Alger, qui sont devenues en l’espace de quelques années un pôle d’attraction notamment durant l’été. Le parc de loisir et d’attractions des Pins Maritimes à Alger, géré lui aussi par un opérateur privé, draine également une foule nombreuse notamment durant les Week-end. Ces exemples de réussite devraient inciter d’autres investisseurs à s’intéresser au secteur des loisirs. Un secteur qui demeure, au grand dam des algériens, vierge et inexploité.

Peu importe donc les milliards détenus dans nos réserves de change. L’argent ne fait pas notre bonheur et le pétrole encore moins. Un peuple heureux ne s’achète pas. Une société ouverte et joyeuse ne s’importe pas. Et l’épanouissement des citoyens ne se mesure certainement pas par les subventions accordées à tel ou tel produit alimentaire. Aujourd’hui, l’Algérie n’a pas besoin uniquement d’un plan de relance économique. Son état désespérant nécessite aussi un plan national de lutte contre l’ennui dont elle est victime depuis des années. Construire des logements et des autoroutes, c’est bien. Mais procurer le sentiment de bonheur et de plaisir à ses concitoyens, c’est mieux. De grâce, chers gouvernants, libérez-nous de cet ennui mortel…

 

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