Le feuilleton Djezzy est-il réellement en train de connaître son épilogue ? Pas si sûr car les informations divulguées mercredi par le PDG de Djezzy, Vincenzo Nesci, ont laissé pantois de nombreux observateurs et fins connaisseurs du monde économique.

En effet, le PDG de Djezzy a expliqué qu’une nouvelle entreprise a été créée. Une nouvelle OTA (Optimum Telecom Algérie) qui existe depuis dimanche 2 décembre et qui a même «obtenu son registre de commerce et est enregistrée en tant qu’opérateur dans les télécom». Soit ! Mais qu’en est-il du statut réel de cette nouvelle entreprise ? Va-t-elle remplacer Orascom Télécom Algérie et cette dernière a-t-elle été réellement dissoute ? A ces questions, le PDG de Djezzy, Vincenzo Nesci n’a fourni aucune réponse. «Les discussions sont en cours et je suis soumis à la confidentialité, cela dit, je peux confirmer que nous sommes respectueux des lois algériennes et que cette nouvelle entreprise est algérienne et qu’elle restera conforme à la législation algérienne», s’est-il contenté d’expliquer lors d’un bref point de presse à l’hôtel El Aurassi, en marge d’une conférence de Networking.

Par ailleurs, si une transaction financière avait eu lieu, entre l’Etat algérien et Vimpelcom, les premiers à être avertis auraient été les institutions boursières où Vimpelcom est cotée, à savoir, à la bourse de New York car c’est une obligation.

Le flou reste donc total sur l’avenir de Djezzy en Algérie. «Cette nouvelle annonce ne clarifie en rien la situation d’Orascom Télécom », explique à Algérie-Focus Foued Bourabiat, avocat d’affaires au Barreau de Paris installé à Alger et fondateur du cabinet Bourabiat Associés.  D’après notre interlocuteur qui a conseillé déjà plusieurs investisseurs et institutions de crédit en matière d’investissements et d’opérations de financement, rien ne prouve pour l’heure que la nouvelle société créée, à savoir Optimum Télécom Algérie, est celle qui va remplacer Orascom Télécom Algérie.

«La question est simple : qui détient encore la licence de téléphonie mobile de Djezzy et dispose de plus de 10 millions de clients ? Si cette nouvelle entreprise ne dispose pas de cette licence ni des clients, elle ne serait donc encore à ce stade qu’une forme de « coquille » », précise Foued Bourabiat selon lequel la nouvelle entité créée doit d’abord notamment disposer des droits au titre de la deuxième licence de téléphonie mobile en Algérie remportée par Orascom Télécom en 2001 pour un montant de 737 millions de dollars. Et là encore, que deviendront les anciens actionnaires d’OTA ? «Le droit algérien interdit l’expropriation. Même lors d’une nationalisation, les anciens actionnaires doivent être dédommagés», explique encore Foued Bourabiat, d’après lequel la nouvelle société créée pourrait être interprétée comme le signe du début d’une nouvelle restructuration d’OTA que l’Etat algérien est en train de mettre en œuvre. Une restructuration qui doit passer par l’achat des participations des anciens actionnaires pour aboutir, enfin, au transfert de patrimoine de l’ancienne société vers la nouvelle société. Ce scénario serait, vraisemblablement le plus indiqué pour trouver une solution définitive à l’affaire Djezzy…