L’Algérie a son usine Renault et le constructeur français a une exclusivité sur trois ans. C’est donc un contrat gagnant-gagnant que la Société nationale des Véhicules industriels et le constructeur Renault ont signé, hier, à Alger en présence des deux chefs d’Etat, François Hollande et Abdelaziz Bouteflika.

L’accord qui porte sur la construction, à Oued Tlelat, à Oran, d’une usine de montage de véhicule de la gamme Symbole, porte sur un investissement initial de près de 1 milliard d’Euros, selon les termes de Chérif Rahmani, ministre de l’Industrie. « L’accord initial entre l’Algérie et Renault prévoyait une exclusivité de cinq ans pour le constructeur français sur le marché algérien. L’Algérie n’a pas accepté et la durée a été donc réduite à trois ans », a précisé le ministre dans une déclaration à l’APS.

Pratiquement, l’usine va entrer en production dans 18 mois avec une capacité de 25 véhicules par an, avant d’arriver, à terme, à 75 000 unités. Une partie de cette production sera destinée au marché local, tandis qu’une autre quantité sera exportée dans des pays en dehors de l’Europe. Le projet permettra, par ailleurs, un taux d’intégration de 42% de l’économie nationale, selon Chérif Rahmani. Toutefois, des voix commencent déjà à s’élever contre cet accord.

On s’interroge, à juste titre d’ailleurs, sur le coût de cette usine algérienne qui va coûter pratiquement le même prix que celle montée au Maroc. Or, cette dernière va produire 400 000 voitures/an sur deux modèles différents alors que la future usine de Renault en Algérie produira à peine 75 mille véhicules. Pis encore, les Marocains sont autorisés à vendre dans tous les pays, y compris en Europe.

Rappelons enfin que l’usine Renault est la première du genre en Algérie. Des tentatives ont été tentées par le passé, notamment en partenariat avec le constructeur italien FIAT, mais sans succès.

Essaïd Wakli

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