L’économiste et ancien ministre des finances, Abdellatif Benachenhou, n’y va pas par quatre chemins. « L’Algérie n’est pas un pays émergent », a-t-il affirmé lors du forum d’El Moudjahid portant sur « le rôle et la place des pays émergents : le cas algérien ».  « Pour rejoindre le peloton des pays émergents, les conditions (pour l’Algérie) sont nombreuses, entre autres une croissance importante, une économie diversifiée et une exportation dynamique dans le monde », a-t-il analysé en plaidant pour que l’Algérie  investisse dans « la production ».

Les « pays émergents » sont des pays dont le PIB par habitant est inférieur à celui des pays développés, mais qui connaissent une croissance économique rapide, et dont le niveau de vie ainsi que les structures économiques convergent vers ceux des pays développés, a expliqué encore l’économiste selon lequel pour « s’affranchir de la dépendance au secteur des hydrocarbures, il faut s’atteler à la reconquête du marché intérieur à travers l’investissement productif dans le domaine de la production agricole, et agroalimentaire, le transport maritime, les travaux publics et les technologies de l’information et de la communication », a-t-il poursuivi.

Abdellatif Benachenhou rappelle enfin que notre pays souffre d’un manque d’investissements notamment dans le secteur public, en raison, selon lui, « de la faiblesse des marges bénéficiaires ». Pour remédier à ce problème, il faudrait devrait procéder à la  « réindustrialisation » de l’économie algérienne. Et pour ce faire, cela doit passer par l’amélioration de la gouvernance du secteur public, et un « vrai contrat de croissance » entre l’Etat et les opérateurs privés, insistant sur ’ »l’importance d’être crédible vis-à-vis des partenaires » étrangers.
La Rédaction avec APS 
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