La clinique Sbihi de Tizi-Ouzou, spécialisée dans la gynécologie, n’arrête pas de compter ses mortes. 6 parturientes y sont mortes en moins d’un mois. Ce qui soulève des interrogations sur la prise en charge des malades dans les infrastructures publiques de santé.

Lorsque des journalistes, y compris des médias publics, sont allés l’interroger, le directeur de la clinique n’a pas trouvé mieux que la fatalité : « il n’y a pas de négligence. Nous avons le malheur d’enregistrer plusieurs décès en série ». Lui emboitant le pas, le Directeur de la Santé, Djamel Chaghetmi, a affirmé que « c’est une responsabilité partagée. Car il faut dire que certaines femmes dissimulent leur maladie par peur de ne pas être prises en charge. A la clinique Sbihi, certaines femmes arrivent dans un état d’urgence».

Il ajoute que cette clinique de 72 lits accueille, parfois, jusqu’à cinq fois plus. Il a également relevé «le manque de personnel au sein de cette structure, notamment les gynécologues. « Pourtant, certains médecins ont relevé de graves anomalies dans la prise en charge de certains malades. Il s’agit surtout des injections d’anesthésie. Des accusations que la direction de la clinique réfute arguant que l’une des victimes, est venue avec un problème cardiaque.

Cette clinique, qui prend en charge des malades de la wilaya de Tizi-Ouzou et des régions environnantes (Béjaïa, Bouira et Boumerdès), a déjà une mauvaise réputation. Des témoignages de patientes qui sont passées par l’établissement mettent en cause des négligences et parfois de mauvais traitements (notamment des insultes) causés par certaines catégories du personnel de la clinique. Les autorités sanitaires sont-elles conscientes de la gravité de la situation ? Pas si sûr…

E. W.