Lire la première partie du reportage : « Le Petit Maghreb« 

…Ambiances festives et chaleureuses garanties

Les occasions de faire la fête sont nombreuses dans Le Petit Maghreb et apportent chaleur et dynamisme au quartier. Lors des matchs de foot, par exemple, la rue Jean-Talon est fermée entre les boulevards St-Michel et Pie IX. Les gens accourent de partout. Les cafés débordent. Que l’équipe nationale (de l’Algérie, de la Tunisie ou du Maroc) gagne ou se disqualifie, il y a une fête sur la rue. « Même lorsqu’on perd, ce n’est pas grave. L’essentiel c’est l’ambiance. Les évènements sportifs nous donnent l’opportunité de faire la fête et de nous rencontrer », s’enthousiasme Omar. Anie Samson, maire de l’arrondissement Villeray-St-Michel-Parc Extension, où se situe Le Petit Maghreb, fait remarquer que tout se déroule à chaque fois dans l’ordre : « Ces festivités sont faites de façon très positive, contrairement à d’autres endroits dans le monde où ça se termine toujours en émeute », souligne-t-elle avec fierté. La religion réussit tout autant que le sport à rassembler les Algériens pour festoyer. « Les activités internes comme les mariages, fêtés dans la pure tradition algérienne, ainsi que les célébrations de naissances rapprochent les familles », rapporte M. Boudi. Et chaque année, pendant un mois, Le Petit Maghreb vit quotidiennement au rythme du Ramadhan. « À ce moment-là, je fais un peu partie de la famille », estime Mme Samson. « Les gens m’invitent à leur f’tour et leurs activités », confie-t-elle. C’est d’ailleurs grâce à ces festivités que « Le Petit Maghreb réussit à rapporter l’ambiance de notre pays qui nous manque tous », se réjouit Khadidja, 18 ans, arrivée à Montréal il y a trois ans.

Un modèle à suivre!

Présente sur le terrain, la maire de l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension travaille en étroite collaboration avec la communauté algérienne de Montréal. Elle va à leur rencontre, leur parle et les écoute. « Le Petit Maghreb nous permet d’avoir un lieu de ralliement et de rapprochement pour discuter avec la communauté. Lorsque j’ai des messages à faire passer, les imams m’invitent à discuter avec leurs fidèles dans les mosquées et nous présentent, mon adjointe d’origine algérienne et moi, comme étant leurs sœurs. Cela nous donne l’occasion d’échanger sur les vraies choses », souligne-t-elle.

 Mme Samson veut comprendre leurs différences pour mieux s’ajuster à leurs besoins. Elle tente ainsi d’adapter les services de son arrondissement aux différentes problématiques locales. « On essaie vraiment de trouver toutes les façons possibles pour que les Algériens se sentent chez eux », affirme la mairesse. Cette dernière souligne par ailleurs la facilité avec laquelle elle est capable de travailler et d’interagir avec ces derniers, et ce, malgré les barrières culturelles importantes qui peuvent parfois resurgir.

Véritable oasis de vie et vitrine culturelle, Le Petit Maghreb est devenu un lieu de référence pour la communauté de Montréal, mais également pour les communautés extérieures à cette métropole. Le modèle d’ouverture et de respect que Mme Samson a réussi à instaurer dans sa circonscription fonctionne tellement bien, qu’il inspire. La mairesse reçoit régulièrement la visite de personnalités internationales, et plus particulièrement des Européens, qui viennent voir, apprendre, comprendre et s’informer sur la manière dont Mme Samson travaille avec les différentes communautés qui se côtoient dans son arrondissement, car plus de 115 communautés culturelles différentes y cohabitent.

Marie-Pier Boucher

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