La question du traitement réservé aux Africains en Israël doit être réglée en urgence, selon le journaliste franco-centrafricain Kitiki Akouissonne.

Il ne fait pas bon avoir la peau noire à Tel-Aviv. Des groupuscules extrémistes organisent des manifestations pour demander que l’on jette dehors les migrants soudanais, érythréens et ivoiriens.

Quels sont leurs slogans ?

«Nous sommes venus effacer les ténèbres!» (Voilà les noirs devenus des ténèbres) Ou encore :  «Tel-Aviv est pour les juifs, le Soudan pour les Soudanais!»

Évidemment, personne ne demande à Israël d’accueillir tous les hères de l’Afrique noire. Mais au lieu d’encourager la chasse aux Africains en construisant un mur de près de 300 kilomètres à sa frontière avec Égypte, seul point de passage des clandestins, les autorités ne devraient-elles pas condamner les dérives de certains de ses concitoyens? Après le mur séparant Israël de la Palestine, voici donc le mur de l’Afrique.

Chemin de croix

Le nombre d’immigrés clandestins africains en Israël se situe entre 40.000 et 60.000. Une loi a été déposée par le ministre de la Justice, pour interdire aux immigrés tout envoi d’argent à leurs familles. Cette loi, dite des «infiltrés», a été votée le 9 janvier 2012 par la Knesset (le Parlement israëlien).

D’éminents médecins israéliens apportent leur caution aux thèses racistes, en déclarant que «les Africains sont porteurs de multiples virus, qui pourraient contaminer la région de Tel-Aviv» , et qu’ils sont au fond une sorte de «bombe à retardement».

Les Israéliens ont-ils oublié les camps de la mort? Les nazis usaient des mêmes mots, remplis de haine, pour justifier le génocide juif. Après tous les malheurs qu’elle a endurés, la nation israélienne devrait être le porte-drapeau de la tolérance et le messager de la paix entre les hommes…

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Kitiki Akouissonne