Les autorités algériennes craignent des troubles dans les villes et régions situées au sud du pays. Plusieurs sources sécuritaires ont rapporté que la colère populaire monte crescendo et les frustrations des jeunes exclus et marginalisés risquent de donner naissance à des troubles graves, ont indiqué des rapports confidentiels dressés par la DGSN et la Gendarmerie Nationale. Transmis au ministère de l’Intérieur, ces menaces ont été prises très au sérieux à Alger par le département d’Ould Kablia.

Ce dernier a décidé de réagir rapidement pour parer à cette situation urgente en nommant six nouveaux Walis à la tête des wilayas d’El Oued, illizi, Tindouf, El Bayadh, Ouargla et Tamanrasset. Les nouveaux Walis vont occuper aujourd’hui, dimanche, leurs nouvelles fonctions. Ils sont chargés de désamorcer la bombe que représente désormais le sud du pays en proie à une véritable crise sociale. Dans ce sens, Ould Kablia a instruit d’ores et déjà ces nouveaux Walis « de discuter avec la société civile, en particulier dans le Sud du pays où les notables et les sages sont écoutés et respectés ». Le ministre de l’Intérieur n’a pas manqué également d’indiquer, à l’occasion de la cérémonie d’installation des Walis désignés lors du dernier mouvement intervenu dans ce corps, que l’emploi demeure le « problème majeur » qui se pose dans le Sud du pays. A ce sujet, Ould Kablia a fait savoir que le secteur des hydrocarbures « ne peut satisfaire l’immense demande » des jeunes chômeurs de ces régions. Toutefois, le ministre a avoué  qu’à Ouargla, par exemple, les entreprises installées dans la région procèdent aux recrutements « par des moyens détournés et sans l’aval de l’agence d’emploi de la wilaya ».

« La législation et la réglementation ne permettent pas, pour le moment, de contrecarrer cette situation, mais une instruction sera donnée très prochainement pour que tout recrutement au niveau de ces entreprises, ait l’aval de l’agence de l’emploi », a-t-il affirmé encore. Cet aveu d’impuissance illustre, enfin, la paralysie de l’Etat et son incapacité à traiter sérieusement les problèmes socio-économiques qui touchent de plein fouet les wilayas du sud du pays. Des problèmes qui vont, apparemment, prendre une dimension politique au regard des mouvements sociaux qui agitent ces régions. Des mouvements qui pourraient sombrer dans le radicalisme si l’Etat central ne se réveille pas une fois pour toute de sa léthargie.

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