En Algérie, les Salafistes ne reculent devant rien. La nature ayant horreur du vide, ces islamistes radicaux multiplient les sorties et les méthodes de propagande pour diffuser leurs « discours ». Jeudi et vendredi dernier, un groupe de salafiste s’est permis, rapporte le quotidien national Midi Libre,  de diffuser des tracts appelant les Algériens à s’abstenir de regarder la télévision, de raconter des blagues et, comble de l’ironie, d’utiliser le réfrigérateur. Autant dire cesser de vivre en 2013 !

Ce groupe d’islamistes radiaux opéraient en plein jour dans le marché communal d’El-Biar, au vu et au su de tout le monde. Ni les services de sécurité, ni les citoyens, dont certains recevaient les documents comme un amusement, n’ont levé le petit doigt pour arrêter cette énième mascarade, une véritable provocation, qui rappelle le début des années 1990 lorsque les islamistes radiaux prêchaient leurs discours violents dans la rue. Cette étonnante affaire n’est malheureusement pas la première du genre. Il y a quelques jours, une association originaire de Blida a lancé une campagne de sensibilisation où elle a distribué des tracts appelant les adolescentes et les petites fillettes âgées à peine de 10 ans à porter le Hidjab. D’autres groupuscules ultra-religieux diffusent des tracts et des prêches appelant les Algériens à ne pas aller voter. Certains prêches se sont mêmes attaqués aux habitudes alimentaires et vestimentaires des Algériens.

Toute cette montée en puissance du fanatisme a été soutenue et applaudie par certains quotidiens arabophones. Les autorités, elles, se contentent d’observer. Le ministre des Affaires religieuses admet la forte percée du courant salafiste en Algérie. Pour sa part, le conseiller du président de la République, Kamel Rezag-Bara est allé jusqu’à affirmer que le courant salafiste recrute dans les prisons. Autant dire que la situation prête réellement à l’inquiétude…

Essaïd Wakli