Environ 80.000 enfants souffrent d’autisme en Algérie et ne sont pas tous pris en charge dans des établissements sanitaires en raison du « manque d’infrastructures et de personnels formés », a indiqué mercredi à Alger le Dr Asma Oussedik, chef de service pédopsychiatrie à l’hôpital psychiatrique de Cheraga.

« L’Algérie manque cruellement d’établissements sanitaires adéquats pour la prise en charge de l’ensemble des 80.000 enfants autistes », a affirmé le Dr Oussedik, lors d’une conférence-débat au forum du journal DK News.

Elle a relevé que la plupart des enfants atteints de ce désordre neurologique ne bénéficient d’aucun suivi thérapeutique leur permettant d’envisager une scolarité, estimant qu’il est nécessaire de créer davantage de services spécialisés en pédopsychiatrie et de former le personnel qualifié pour le traitement de cette maladie.

L’autisme est un trouble neuro-développemental appartenant aux troubles envahissants du développement (comportement, sociabilité, langage) et il n’existe actuellement aucun traitement médical pour cette pathologie.

Selon des spécialistes, les enfants souffrant d’autisme ont des altérations de la communication, de l’interaction sociale réciproque et ont des activités et des intérêts restreints envers autrui et pour leur environnement.

Les causes de la maladie sont multifactorielles avec une étiologie génétique, biologique et environnementale et ne sont aucunement liées à des dysfonctionnements interactifs précoces entre la mère et l’enfant, a expliqué le Dr Oussedik.

Les enfants autistes ont souvent des troubles de la communication infra verbale, qui se caractérisent par l’absence de pointage, de gestes, d’attentions conjointes et ne répondent pas à leurs prénoms.

Pour sa part, Nafissa Benbouzid, psychologue clinicienne a relevé chez ces enfants autistes un manque d’intérêt envers les autres, une affectivité restreinte et l’absence de l’angoisse de séparation avec leur mère.

Elle a précisé que leurs expressions faciales sont inappropriées et résistent aux changements et aux lieux nouveaux, faisant remarquer qu’il peut exister une co-morbidité entre l’autisme et plusieurs autres pathologies comme le retard mental, l’épilepsie ou la surdité.

De son côté, Chahnaz Kacimi El Hassani, orthophoniste, a mis l’accent sur le retard de langage chez les autistes, leurs phobies bizarres et l’absence d’expressivité de la douleur.

Pour ces spécialistes, l’état de ces enfants peut s’améliorer s’ils sont suivis dès leur jeune âge dans des structures sanitaires et psychologiques adéquates pour leur apprendre à être autonomes et responsables. « Il existe des méthodes adaptées à l’apprentissage de ces enfants qui permettent aux enfants d’acquérir des notions élémentaires pour devenir autonomes », ont affirmé les mêmes intervenants.

Des ateliers d’écriture, de dessein, de peinture, d’interaction sociale, d’orthophonie et d’achats sont prévus pour les enfants dans les divers services pédopsychiatries et les méthodes sont personnalisées et adaptées à chaque cas.

Après l’acquisition de bases sociales, les enfants peuvent être insérés dans des écoles selon leur degrés d’évolution, comme ils peuvent bénéficier d’enseignements spécifiques avec l’aide d’auxiliaires de vie.

La même intervenante a appelé, à ce sujet, à la création d’établissements scolaires appropriés et de centres adéquats pour insérer les enfants atteints d’autisme.

Lu sur Algérie Presse Service

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