L’Algérie, le paradis des fonctionnaires…

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En Algérie, les effectifs de la fonction publique ne cessent d’augmenter d’une année à une autre. Selon les chiffres révélés jeudi par le ministre du Travail, de l’emploi et de la sécurité sociale,  Tayeb Louh, ces effectifs ont augmenté de plus de 47% en 2012 par rapport à 2005. Ainsi, pas moins de 1.913.254 algériens travaillent dans les secteurs de la fonction publique au niveau national en 2012 dont plus de 86 % occupaient des postes permanents.

Tout indique que la fonction publique est le 1er employeur en Algérie mais aussi le 1er recruteur. Mais est-ce réellement une bonne chose ? Pas vraiment, estiment certains économistes, d’après lesquels la Fonction Publique pèse de façon importante sur le budget de l’Etat. La Fonction Publique peut aussi handicaper la croissance économique d’un pays si elle contribue à bureaucratiser son économie et à engloutir d’importantes enveloppes budgétaires. Dans plusieurs pays à travers le monde, les gouvernements ont eu recours à la suppression des postes dans la fonction publique pour diminuer la dette et les déficits publics. Mais en Algérie, où le déficit public ne cesse de se creuser et rien qu’en 2011 il s’est traduit par un déficit budgétaire de 4.693 milliards DA (environ 46,93 milliards d’euros), soit 33,9% du PIB, on est loin de vouloir toucher aux avantages des fonctionnaires. On ne cherche pas non plus à tenter de réduire leur nombre même si les prestations de services des institutions publiques s’enfoncent dans la médiocrité.

Cependant, une prise de conscience commence à émerger puisque Tayeb Louh a reconnu devant les députés que  la lutte contre le chômage « ne doit pas reposer sur la fonction publique mais sur l’économie qui encourage l’investissement créateur de richesses et, partant, d’emplois.  Pour ce faire, le gouvernement affirme qu’il a adopté plusieurs mesures et politiques pour la promotion de l’emploi et la lutte contre le chômage sur la base d’une économie productive et à travers l’encouragement des investissements créateurs d’emplois, ainsi que par des mécanismes publics et autres dispositifs d’emploi de nature à accompagner les jeunes. Mais jusqu’à présent, les effets de ces mesures ne sont pas palpables et les Algériens continuent de rêver tous de devenir des fonctionnaires « peinards »…