La voiture, c’est plus qu’un objet de valeur en Algérie. C’est tout un symbole. Symbole de l’ascension sociale, de l’aisance, le véhicule incarne, aussi bizarre que cela puisse paraître, l’accomplissement personnel. Mieux encore, l’Algérien entretient avec son véhicule une véritable relation affective. Quelques fois, souvent même, de nombreux Algériens préfèrent leurs voitures à leurs femmes.  Et pour cause ! Sans une voiture, l’Algérien n’existe pratiquement pas. Il ne peut rien faire et aucun projet ne lui est accessible. Et comme chaque année, le salon de l’automobile qui ouvre ses portes ce mardi 19 mars ne manquera pas de drainer une immense foule. Des milliers de personnes se bousculeront devant le portillon de la SAFEX pour profiter des remises exceptionnelles que des concessionnaires vont offrir à leurs clients.

L’indigence du secteur des Transports, le développement rapide, et anarchique, de l’urbanisation, la concentration massive de la population dans les grandes villes, a fait de la voiture un incontournable moyen de locomotion. Mais cela suffit-il pour autant à expliquer cette frénésie d’achat de véhicules neufs qui s’est brusquement emparée de l’Algérie ces dernières années ? Assurément, oui et non à la fois. Pour de nombreux sociologues ou économistes, la croissance spectaculaire des ventes de véhicules reflètent l’élévation du niveau de vie moyen de l’Algérien. La hausse des salaires des fonctionnaires et des travailleurs des entreprises publiques a permis aux foyers algériens d’acquérir plus facilement des véhicules neufs. Les jeunes qui commencent leur carrière professionnelle n’ont, en plus, qu’une seule ambition : acquérir rapidement un véhicule pour garantir leur indépendance de mouvement. Une indépendance indispensable à leurs yeux pour construire une vie sociale équilibrée.

A ce sujet, Adel Si-Bouekaz, directeur de la société de Conseil Nomad Capital, a dressé récemment, dans les colonnes du Quotidien d’Oran, le portrait de l’acheteur algérien de véhicules neufs : « il est relativement jeune, âgé de moins de 35 ans »,  a-t-il constaté en relevant que l’absence de crédit automobile » n’a pas empêché, pour autant, les jeunes algériens à se surpasser pour s’offrir une voiture même si  de nombreux algériens commencent d’abord leur vie d’automobiliste avec un véhicule d’occasion. « La volonté des acquéreurs de renouveler ou d’acquérir un véhicule neuf trouvera satisfaction malgré l’absence de solutions de financement. Le rattrapage des salaires, les aides diverses et l’absence d’alternatives de placements ont eu gain de la volonté de maîtriser le flux d’importation des véhicules par la seule suspension du crédit à la consommation », analyse encore cet expert selon lequel la courbe des ventes de voitures en Algérie poursuivra son élan positif dans les prochaines années. C’est dire enfin que rien ne peut encore détrôner la voiture dans le coeur de l’Algérien…

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