L’ouverture, mardi matin, du Salon international de l’automobile d’Alger annonce une nouvelle ère dans un marché que l’Etat n’arrive toujours pas à réguler. Au-delà des rutilantes et belles nouvelles voitures que les concessionnaires exposeront au public algérien, il y a aussi plusieurs autres nouveautés. A commencer par cette décision prise conjointement par l’association des concessionnaires et la Société algérienne des foires et exportation (Safex). Il s’agit d’encourager l’usage du chèque bancaire au lieu des sacs en plastique remplis de billets.

Cette décision a été prise, selon les représentants de l’association des concessionnaires, pour éviter les dérapages et tenter de réguler un marché qui devient de plus en plus incontrôlable. Pis encore, le marché à véhicules est devenu, avec l’immobilier, l’une des meilleures voies pour le blanchiment d’argent. Les exemples et anecdotes qui démontrent qu’entre le marché à bestiaux et les show-rooms des concessionnaires, il n’y a plus une grande différence. Il y a trois ans, par exemple, un importateur avait proposé à la vente des véhicules haut de gamme. Il y en avait une dizaine pour une commande qui dépasse le 100. Des personnes riches ont payé « cash » ces voitures dont le prix dépasse 1,2 milliard de centimes !

Côté économique, ce 13e  salon International de l’automobile devra confirmer la hausse des ventes de véhicules. L’année passée a enregistré, en effet, un record avec plus de 500 unités importées pour la coquette somme de près de 6 milliards de dollars. Pour gonfler les ventes, certains concessionnaires n’ont pas hésité aussi à proposer des réductions importantes et des remises exceptionnelles lors de ce salon. Des baisses sur les prix atteignent parfois les 400 000 DA. Il est à rappeler que durant les neuf derniers mois de l’année 2012,  l’Algérie a importé  418.665 véhicules dont 397.434 véhicules par les concessionnaires. Ces important ont coûté exactement à l’Algérie 367,7 milliards de dinars soit environ 5 milliards de dollars. Les importations de voitures ont enregistré une hausse de près 40 % par rapport à la même période en 2011 qui a enregistré l’importation de 299.041 voitures. Cette hausse s’est encore accentué durant le dernier trimestre de l’année 2012. Les ventes de véhicules neufs ont bondi pendant cette période à cause des remises de fin d’année offertes par les concessionnaires. Ce qui a permis à l’année 2012 d’enregistrer une hausse des ventes de l’ordre de 45,75% en 2012 puisque pas moins de 568 610 véhicules ont été écoulés sur le marché national. Au final, la facture des importations de véhicules est passé de 354,16 milliards de dinars en 2011 à 514,43 milliards en 2012, à savoir 6,9 milliards de dollars. Et pour cette année 2013, rien ne semble pouvoir gâcher encore cette embellie.

Essaïd Wakli

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