Aucune confirmation de ces assassinats n'a pu être obtenue auprès des autorités nigérianes ou des pays d'origine des otages.

Le groupe islamiste nigérian Ansaru a annoncé samedi avoir tué sept étrangers enlevés au Nigeria, trois semaines après le rapt de deux Libanais, deux Syriens, un Grec, un Italien et un Britannique, rapporte le réseau SITE, sans que cette information ne puisse être confirmée.

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"Dans le communiqué, le groupe a déclaré que suite aux actions menées par les gouvernements britannique et nigérian pour libérer les otages, et aux arrestations et aux exactions qu'ils auraient perpétrés, il a été poussé à exécuter" les otages, rapporte le SITE. Le groupe de renseignement cite un communiqué rédigé en arabe et en anglais publié ce samedi et évoque aussi "des captures d'écrans" d'une vidéo "montrant les otages morts".

Un responsable de la Setraco, la société libanaise de construction qui employait les sept hommes enlevés le 16 février dans le village de Jama'are, dans l’État de Bauchi (Nord), a déclaré à l'AFP ne pas pouvoir confirmer l'information.

Les autorités du Nigeria et les services diplomatiques des pays d'origine présumée des sept otages n'ont pas, non plus, confirmé leur décès.

Dans un communiqué envoyé par e-mail à des journalistes deux jours après l'enlèvement, Ansaru avait déclaré avoir "en otage sept personnes, dont des Libanais et leurs collègues européens, travaillant pour Setraco".

Dans sa revendication du rapt, le groupe avait invoqué "des transgressions et des atrocités commises envers la religion d'Allah (...) par les pays européens dans plusieurs endroits dont l'Afghanistan et le Mali".

Ansaru, dont le chef serait le Nigérian Khalid Al-Barnawi, est considéré comme une faction du groupe islamiste nigérian Boko Haram, tenu pour responsable de la mort de centaines de personnes lors d'attaques menées dans le nord et dans le centre du Nigeria depuis 2009.

Boko Haram a par ailleurs revendiqué, dans une vidéo postée sur Internet le 25 février, l'enlèvement d'une famille de sept français - dont quatre enfants - dans le nord du Cameroun. Cette vidéo était cependant très différente des précédentes vidéos publiées par Boko Haram et le groupe n'avait auparavant jamais revendiqué d'enlèvement d'étrangers.

En revanche, Ansaru a été cité comme étant lié à plusieurs enlèvements dont ceux, en mai 2011, d'un Britannique et d'un Italien travaillant pour une entreprise de travaux publics dans l’État de Kebbi, près de la frontière nigérienne. Les otages avaient été tués en mars 2012 dans l’État voisin de Sokoto au cours d'une tentative ratée de libération.

Ansaru a aussi revendiqué l'enlèvement d'un ingénieur français dans l’État de Kastina, frontalier avec le Niger. On ignore toujours où se trouve cet otage.

L'annonce de l'exécution des sept étrangers survient alors que l'armée nigériane dit avoir mené, vendredi, une nouvelle opération à Maiduguri, fief du groupe islamiste Boko Haram, dans le Nord-Est du Nigeria. Selon l'armée, une vingtaine de militants islamistes présumés ont été tués ainsi que deux soldats.

Il s'agit de la dernière d'une série d'actions menée par la la JTF, force conjointe de l'armée et de la police, contre "les terroristes de Boko Haram". En dix jours, cette force dit avoir tué 52 membres présumés de ce mouvement et en avoir arrêté 70, sans que cela puisse être confirmé de source indépendante.

Pour la première fois depuis son élection en 2011, le président nigérian Goodluck Jonathan s'était rendu, jeudi et vendredi, dans deux Etats du Nord-Est, particulièrement secoués par les attaques de Boko Haram.

Au cours de sa visite, le chef de l'Etat avait rejeté toute possibilité d'amnistie pour Boko Haram, considérant comme impossible de négocier avec un groupe dont l'identité des membres et les revendications restent floues.

Le Nigeria est le pays le plus peuplé d'Afrique, avec 160 millions d'habitants, et le premier producteur de pétrole du continent. Le pays est divisé entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à dominante chrétienne.

Lu sur L'Orient Le Jour