En matière d’amour, les Algériens sont toujours des adolescents. C’est le constat collectif que dressent de nombreux compatriotes d’après lesquels l’amour à l’algérienne est toujours une notion difficilement définissable.

A cause de la complexité de l’environnement social qui codifie sévèrement les rapports entre les femmes et les hommes, le sentiment amoureux demeure une expérience sociale particulièrement délicate à vivre.

Certes, les mœurs se libèrent de plus en plus et les Algériens, notamment les jeunes, tentent de s’émanciper en dépit du poids puissant des tabous et des interdits. Ceci dit, cette émancipation n’en est qu’à ses débuts et l’Algérien vit toujours cette période de découvertes et d’apprentissages dans la sphère de la vie sentimentale. Éternel frustré à cause de son vécu personnel, un vécu accablé par les bouleversements sociaux, l’amour et la sexualité sont devenus les principaux centres d’intérêt des Algériens. L’amour chez les Algériens,  c’est toujours la période des premières fois, avec tout ce que cela comporte d’excitant et d’angoissant : premières expériences d’autonomie, premiers amours, premières peines d’amour, premières expériences sexuelles. A la suite des violences des années 90, avec leur lot de souffrances, de privations et de repli sur soi, la société algérienne arrive à peine à se remettre de cette période de fragilité souvent camouflée par des attitudes extrêmes.

Depuis le début des années 2000, l’Algérien s’est lancé à la recherche d’émotions fortes pour compenser ce manque d’affection qui le terrasse au quotidien. Un manque qu’on tente de combler avec une prise de risques permanente.  On l’aura compris, les Algériens ont un très grand besoin d’être en amour, que ce soit pour le plaisir, pour la satisfaction que cela apporte, parfois pour faire comme les autres, pour ne pas être seul(e)s ou pour éviter de se sentir exclu(e)s. En somme, les Algériens n’ont envie que d’une seule chose : aimer et être aimé…

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