Alors que le grand cirque de la Formule 1 arrive dans le pays en vue du Grand Prix de dimanche, l’opposition chiite intensifie ses protestations. Un premier grand rassemblement est programmé vendredi, pour les essais libres.

En 2011, en plein « printemps arabe« , le Grand Prix de Bahreïn, pays à majorité chiite mais dominé par une monarchie sunnite, avait été annulé. En 2012, il avait été émaillé de manifestations qui n’avaient cependant pas perturbé le déroulement de la course proprement dite.

Qu’en sera-t-il cette semaine pour l’édition 2013 ? Comme on pouvait s’y attendre, l’opposition -aussi bien ses branches « légale » qu’interdite- entend profiter de l’exposition médiatique pour exposer ses revendications au monde entier.

Premier test vendredi

Mardi soir, alors que les premiers techniciens des écuries arrivaient sur place, de jeunes manifestants du Collectif du 14 février, prohibé par les autorités, sont descendus dans les rues des villages chiites entourant Manama, au son des tambours et sous le slogan  « Non à la ‘Formule du sang' ».

Comme les jours précédents, ils brandissaient notamment des photos du grand argentier de la Formule 1, Bernie Ecclestone, barrées d’un grand X. Certains d’entre eux ont bloqué des routes autour de la capitale avec des pneus enflammés. La vidéo de l’action a été mise en ligne sur les réseaux sociaux. Ce collectif clandestin appelle désormais à une journée baptisée « Volcan de colère » pour vendredi, jour des essais libres -et des premières retransmissions télévisées.

Arrestations depuis le début du mois

De leur côté, les partis de l’opposition légale souhaitent également organiser un grand rassemblement vendredi. « Nous ne sommes pas contre le GP de Formule 1 mais nous voulons faire entendre au monde nos revendications : nous voulons la démocratie, le respect des droits de l’Homme, un gouvernement issu d’élections », explique Al-Wefaq, la principale force de la coalition.

Tout en se démarquant des violences qui émaillent les rassemblements du Collectif du 14 février, Al-Wefaq accuse les forces de sécurité de « réprimer le peuple comme si c’était son ennemi ». « La violence engendre la violence », insiste-t-il. Il dénonce notamment la multiplication des arrestations et des perquisitions depuis le début du mois.

Pour le pouvoir, tout est calme

Côté gouvernement, le mot d’ordre pourrait se résumer à : « circulez, il n’y a rien à avoir ».  « Bahreïn est fin prêt pour accueillir le GP, il n’y a pas de problème de sécurité », affirme la ministre d’Etat à l’Information, Samira Rajab. Elle explique que les troubles nocturnes récurrents ne sont « que des agissements d’adolescents animés par des groupes à la solde de l’Iran ».

Afin d’éviter que les protestataires ne défilent près des stars de la F1, des barrages de contrôle ont été érigés aux principaux carrefours sur les routes menant au circuit, ainsi que sur celles menant au centre financier de Manama. Comme en 2012.

 Bahreïn

Lu sur MyTf1News