187 personnes sont mortes dans l’effondrement d’un immeuble de huit étages, qui abritait des ateliers de confection à Savar, au Bangladesh. Des ouvriers s’étaient publiquement inquiétés la veille de fissures. 

L’effondrement d’un immeuble au Bangladesh mercredi a fait au moins 187 morts et un millier de blessés. Le bâtiment abritait des ateliers de confection et relance ainsi la polémique sur la sécurité dans l’industrie textile  fournissant l’Occident.

L’immeuble de huit étages Rana Plaza s’est effondré comme un château de cartes mercredi, à Savar, une ville à la périphérie de Dacca. Seul le rez-de-chaussée est resté intact et la scène évoquait les conséquences d’un puissant séisme. Des ouvriers du textile travaillant au sein du bâtiment s’étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d’embaucher normalement le jour suivant.

Jour de deuil national

« Le bilan est désormais de 187 morts », a déclaré jeudi Wali Asraf, un responsable des secours, ajoutant que de nombreuses personnes coincées sous les gravats continuaient d’appeler à l’aide. « Les secouristes progressent prudemment pour les extraire ». Le précédent bilan faisait état de 152 morts, en majorité des femmes. Quelque 1000 personnes étaient par ailleurs soignées à l’hôpital, selon Hiralal Roy, un médecin urgentiste de l’hôpital Enam, proche du lieu du drame. Les drapeaux étaient en berne jeudi, déclaré jour de deuil national en hommage aux victimes de cet accident, le pire de l’industrie au Bangladesh.

Munis de découpeuses et de foreuses, les pompiers et des membres de l’armée ont réussi à extraire au moins six personnes en vie au cours de la nuit après avoir fait passer des vivres et de l’oxygène dans des trous improvisés entre les gravats.

Cet accident relance la polémique sur les conditions de sécurité et de travail dans le secteur textile au Bangladesh, le deuxième plus important au monde, qui fournit nombre de marques occidentales à bas prix. En novembre 2012, un incendie dans une usine textile fournissant notamment la chaîne américaine Walmart avait fait 111 morts à la périphérie de Dacca. Selon des ouvriers, leurs responsables leur avaient demandé de rester à leur poste en affirmant qu’il ne s’agissait que d’un exercice d’alerte incendie.

 » L’échec des marques à faire de la sécurité une priorité »

Selon Tessel Pauli, une porte-parole de Clean Clothes Campaign, une association de défense des travailleurs du textile basée à Amsterdam, cet accident est « symptomatique » des problèmes dans ce secteur au Bangladesh. « Ces accidents montrent un échec des marques (étrangères) à faire de la sécurité une priorité. Ils savent ce qui doit être fait et ne le font pas », a-t-elle dénoncé mercredi.

Selon l’Association des fabricants et exportateurs de textile au Bangladesh (BGMEA), les ateliers de confection situés dans l’immeuble employaient plus de 2600 ouvriers. La chaîne britannique de vêtements à bas prix, Primark, a indiqué que l’un de ses fournisseurs était basé au Rana Plaza.

Walmart a de son côté dit enquêter pour savoir si elle avait des fournisseurs basés au Rana Plaza. La marque espagnole Mango et l’italien Benetton, ont affirmé qu’aucun de leurs fournisseurs bangladais n’était impliqué. Un responsable de la police, Monir Hossain, a indiqué qu’une enquête avait été ouverte à l’encontre du propriétaire du bâtiment, un membre du parti au pouvoir, pour violation des règles de construction.

Mustafizur Rahman, le responsable d’une unité de police spécialement chargée du secteur industriel, a par ailleurs affirmé à la presse que les propriétaires des ateliers situés dans l’immeuble avaient délibérément ignoré un appel de fermeture lancé par les autorités et demeuraient invisibles depuis la catastrophe.

Lu sur: lexpress.fr

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