Les billets d’Air Algérie, une « arnaque » ?

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Le bras de fer entre le Mouvement citoyen algérien en France et Air Algérie à cause de la cherté de ses billets d’avion se poursuit. Pour contrer Air Algérie, l’association a décidé de louer lui-même des avions pour permettre à la communauté algérienne de relier La France à l’Algérie à moindre frais.

L’été approchant, c’est la folie des grandeurs chez Air Algérie et Aigle Azur. Comme chaque année, leurs tarifs flambent à l’approche de la saison estivale. De quoi agacer fortement le Mouvement citoyen algérien en France (MCAF) qui dénonce depuis deux ans ce qu’il appelle une « arnaque ». Selon cette association franco-algérienne, pour un départ le 4 juillet et un retour le 4 août, le billet d’avion coûte aujourd’hui 400,57 euros par personne ! « Imaginez pour une famille de cinq enfants. Où trouver une telle somme ? », s’interroge Aït Mokhtar Omar, coordinateur du MCAF. Pour lui, c’est l’impossibilité de réserver en avance son billet qui est en cause. « Sur Aigle Azur on ne peut prendre de billets pour cet été que depuis un mois alors que sur les compagnies aériennes étrangères comme Air France, les réservations sont ouvertes toute l’année », explique-t-il. Outre les prix des billets, l’insuffisance des vols entre la France et l’Algérie met en rogne le MCAF. « Air Algérie ne pense qu’à la rentabilité. C’est pourquoi il n’y a pas assez de lignes », regrette Aït Mokhtar Omar.

Un billet à 150€ en passant par la Tunisie

Après des appels au boycott et des poursuites judiciaires, le MCAF a mis au point une autre stratégie. Il a décidé d’affréter lui-même des avions pour relier Paris, Marseille, Lyon et « là où il y a une importe communauté algérienne en France » à Alger, précise le coordinateur du mouvement, qui dit être en contact avec des courtiers français et européens. Son projet: faire atterrir des avions à Taberka, en Tunisie, où un aéroport flambant neuf a été construit à 10 km de la frontière tuniso-algérienne, pour la modique somme de 150 euros ! Et le reste du parcours, jusqu’à Annaba, Batna, Constantine, Skikda, Geulma, les passagers le feront en bus. Ils auront ainsi l’opportunité de visiter des villes où ils ne se seraient jamais rendus avec un vol intérieur vu le coût du trajet proposé par Air Algérie, relève Aït Mokhtar Omar, originaire de Tizzi Ouzou. « Contrairement à la France, en Algérie ou en Tunisie, les autorisations d’atterrissage s’obtiennent facilement. Le seul souci qu’on peut avoir ce sont les horaires. A priori, il s’agira sûrement de vols de nuit », indique-t-il. Reste maintenant à savoir si cette nouvelle stratégie fera réagir la compagnie aérienne algérienne qui garde le monopole sur les airs.