L’avion reste encore un luxe en Algérie, lorsque d’autres pays ont accès à des prix imbattables sur les vols. Intérieur ou extérieur, les voyages en avion ne sont pas à la portée de la bourse de l’Algérien moyen.

Les billets d’avions en Algérie sont une véritable bourse. Leur prix varient et augmentent sans arrêt selon les périodes, la conjoncture, et d’autres raisons économiques ou pratiques. Chaque été les vols internationaux font l’objet de critiques et le reste de l’année les Algériens boudent les vols internes, bien moins accessibles que les transports par route.

L’avion en Algérie on aimerait le prendre mais on ne peut pas toujours… Les destinations ne sont pas toujours nombreuses et les tarifs peu abordables, surtout si l’on compare avec nos voisins maghrébins où les vols low-cost sont devenus monnaie courante. Alors qu’en Algérie il faut encore innover et être astucieux pour prendre l’avion. Prendre ses billets en avance, surveiller les promotions faites par les différentes compagnies aériennes. Parce que les promotions existent bien tout au long de l’année. Air Algérie est souvent la première à faire profiter de rabais surprenants sur ses vols internationaux, mais durant les périodes où les voyageurs ne sont pas nombreux.

Des vols internationaux…

Alors quand vient la saison des vacances, les prix explosent au détriment de nombreuses familles algériennes qui n’ont pas les moyens de s’envoler vers d’autres destinations. « L’an dernier j’ai voulu prendre un vol aller-retour de la France vers l’Algérie, j’ai trouvé des billets à 3000 euros ! », s’indigne Anissa, une algérienne qui a immigré en France, et qui retourne souvent dans son pays d’origine.

L’an dernier, les prix des billets avaient déclenché une polémique. A cause de prix oscillant entre 400 et 500 euros pour les vols reliant Alger à Paris, une association, le MCAF, avait dénoncé les prix imposés par les compagnies aériennes, les accusant d’accord tacites. Manifestations contre la cherté des billets, dépôt de plainte auprès des autorités de régulation de la concurrence, accusations et tribunes avaient rythmé l’été 2012.

Mohamed Salah Boultif, le PDG d’Air Algérie avait alors réfuté les allégations portées à l’encontre de la compagnie aérienne. Selon lui la compagnie qu’il dirige a effectué 171 promotions durant l’année 2011. « En été et durant le Ramadhan, nous avons eu une gamme promotionnelle située entre 228 et 500 euros « , avait-il précisé et avait réfuté les accusations d’accord tacite pour augmenter les prix.

… aux vols nationaux

Sauf que le reste de l’année, le problème des prix se pose également et surtout sur les vols internes. Jusqu’au mois de mars, Air Algérie était la seule compagnie qui desservant l’intérieur du pays. Mais face aux différents moyens de transport par route (bus, cars, trains, taxis collectifs) dont les tarifs sont bien moindres, l’avion est un luxe que peu de ménages peuvent se permettre. « Nous voulions nous rendre en famille dans l’est du pays, mais les billets d’avion étaient à 8000 dinars aller-retour pour un Alger-Annaba, alors qu’en car nous avons payé à peine 1500 dinars. La différence était énorme », raconte Khadidja, qui ne voyait pas l’intérêt de mettre une telle somme pour ce trajet. Il devient parfois plus compliqué de voyager dans son propre pays que d’aller dans les pays voisins.

Promotions et baisse des prix ?

Mais le développement récent de dessertes internes par la compagnie aérienne de Sonatrach, Tassili Airlines laisse espérer de meilleurs offres pour voyager en Algérie.  « On est en train d’étudier les tarifs (du marché) pour déterminer un meilleur tarif qu’Air Algérie. Pour le moment, on est obligé de s’aligner sur les prix d’Air Algérie, mais on compte arriver à des prix raisonnables pour la population du sud », avait promis Rachid Idjer, le directeur commercial de Tassili Airlines. De quoi offrir aux habitants des régions les plus reculées une alternative de transport et pourquoi pas aider au développement du tourisme national.