L’ancien PDG de Sonatrach, Mohamed Meziane, a affirmé, en ce qui concerne son implication dans les affaires liées à la corruption au sein de la compagnie pétrolière nationale, qu’il n’a agit que sous les instructions de l’ancien Ministre de l’énergie et des mines, Chakib Khellil.

C’est ce qui a été rapporté mardi par le quotidien arabophone El Khabar qui s’appuie sur des sources judiciaires. Niant les accusations qui sont portées contre lui, Meziane a signalé,  au cours de son audition par le juge d’instruction chargé d’enquêter sur le scandale Sonatrach 2, que tous les contrats signés par Sonatrach avec des entreprises étrangères, notamment ceux suivant la procédure de gré à gré, l’ont été suite à des «ordres» émanant du Ministre Chakib Khelil.

L’ancien PDG a indiqué, à ce propos, qu’après avoir transmis, en 2005, à la tutelle, un courrier relatif à un projet lié à la «protection électronique», Chakib Khelil lui aurait demandé d’opter, de gré à gré, pour l’entreprise «Contal Algeria». Une entreprise allemande qui aurait, selon les dires de l’accusé, offert beaucoup de «cadeaux» et autres avantages à l’ancien Ministre ainsi qu’à ses proches. D’autre part, Mohamed Meziane a également affirmé au juge que Khellil a acquis plusieurs biens immobiliers à Paris, la capitale française. Par ailleurs, l’ancien premier responsable de la compagnie pétrolière, a reconnu que l’un de ses deux fils, qui occupait le poste de conseiller spécial auprès de l’ancien directeur général de l’entreprise italienne Saipem Algérie, Tullio Orsi, percevait un salaire de 140 000 dinars (14 millions de centimes), alors que concrètement il n’était chargé d’aucune mission au sein de l’entreprise. Ce qu’il faisait, ajoute-t-il, c’est qu’il informait l’entreprise de tous ce qui est relatif aux grands projets et marchés publics. Meziane a expliqué qu’il avait eu l’occasion de rencontrer cet interlocuteur italien lors de la cérémonie de mariage de son fils, organisée en Tunisie. Il a tenu, néanmoins, à préciser que la cérémonie n’a pas été prise en charge par Saipem, mais par des proches.

A noter, en dernier lieu, que de récentes affaires liées à la corruption qui frappent de plein fouet la compagnie pétrolière italienne et Sonatrach ont été révélées le 8 février dernier dans les colonnes du journal italien Corriere della Sera. Celui-ci avait annoncé la mise en examen de Paolo Scaroni, PDG d’Eni, dont Saipem est une filiale. Une affaire qui concerne, entre autre, quelques marchés conclus par Saipem Algérie avec Sonatrach, contre un payement de 197,9 millions d’euros de commissions. Près d’un mois plus tard, le parquet d’Alger annonce, pour sa part, l’ouverture d’une enquête. Plus récemment, une polémique s’est déclenchée à propos de la présence, ou non, de Chakib Khellil, sur le territoire national. Apparemment, l’ancien Ministre a pu entrer et ressortir du pays sans être inquiété. En fait, aucun mandat d’arrêt n’a été lancé contre lui.

 

Elyas Nour

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