Le second procès de l’ancien Président égyptien Hosni Moubarak s’ouvre samedi 13 avril au Caire. Mais le destin judiciaire de l’ex-raïs emballe peu les Égyptiens.

Celui qui a dirigé l’Egypte pendant 30 ans d’une main de fer comparaît pour la deuxième fois devant les juges demain au Caire. A ses côtés, son ancien ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli, et six anciens responsables de la sécurité. Tous sont accusés de complicité dans le meurtre et tentative de meurtre de plus de 800 manifestants pacifiques tués au cours des 18 jours de révolte en février 2011.

En première instance, Hosni Moubarak avait été condamné à une peine de prison à perpétuité. Mais en janvier la Cour de cassation égyptienne a annulé ce verdict, acceptant de rejuger l’ancien chef d’Etat et son ministre de l’Intérieur Habib al Adli. Dès demain, le ministère public prendra appui sur des éléments rassemblés par la commission d’enquête mise en place en 2012 par le président Mohamed Morsi, indique l’agence Reuters.

« Détourner l’attention »

Comme pour les premières audiences, le second procès de l’ancien raïs égyptien de 84 ans sera retransmis à la télévision nationale. Mais pas sûr que les Égyptiens soient devant leur poste demain. Si le premier procès avait été qualifié en Egypte de « procès du siècle », l’engouement est vite retombé. La faute aux irrégularités qui ont entachées les premières audiences, estiment les ONG et autres défenseurs des droits de l’homme. Et surtout aux difficultés économiques et sociales que traversent le pays depuis la chute du régime. « Le pays ne va probablement pas prêter attention au procès », a déclaré à l’AFP H. A. Hellyer, spécialiste du Moyen-Orient à la Brookings Institution. « Il y a une possibilité que le parti au pouvoir utilise le procès pour détourner l’attention des problèmes auxquels il fait face », a-t-il mis en garde.