Pour contenir la colère de la rue, le wali de Ouargla a décidé jeudi soir de geler la liste des premiers bénéficiaires de logements sociaux. Une enquête sur l’attribution de ces logements est ouverte.

24h après le soulèvement de la rue ouarglie, les autorités locales ont décidé hier dans la soirée de geler la liste des premiers bénéficiaires de quelques 900 logements sociaux construits dans les communes de Ouargla et Rouissat. Sa publication mercredi a suscité un vif mécontentement auprès de groupes de jeunes, qui se sont rassemblés devant le siège de la daïra de Ouargla tout près de la place Tahrir. Très vite, le centre-ville de Ourgla s’est transformé en théâtre d’échauffourées entre les jeunes habitants et les forces de l’ordre. Prétextant assurer la protection des édifices public, la police a même utilisé de manière « massive » du gaz lacrymogène contre ces manifestants, a révélé jeudi le quotidien El Watan.

L’épisode émeutier s’est poursuivi jeudi avec le passage à tabac de 27 policiers. « L’un d’entre eux est dans un état grave », indique aujourd’hui El Watan. « Les casseurs, qui avaient brûlé des pneus usagés et lapidé les bâtisses et des véhicules de passage s’en sont ensuite pris au nouveau siège de la CNEP-Banque, une agence à l’entrée du Ksar dont les travaux ont pris plusieurs décennies et qui vient d’être sérieusement détériorée. L’agence Mobilis, la CNAS et le parc communal ont également été saccagée et incendiée. Des photographes ont été pris à partie par des émeutiers qui leur ont confisqué leur matériel. Les affrontements avec les forces de l’ordre se poursuivent depuis mercredi matin à travers plusieurs quartiers, à Gherbouz, Mekhadma, Saïd Otba et le Ksar », rapporte encore le El Watan. Prises de cours, les autorités ont demandé du renforts aux wilayas voisines pour renforcer la sécurité des bâtiments publics.

Sentiment d’injustice

Remontés, les groupes de jeunes ont le sentiment d’être lésés par l’attribution des logements sociaux. « Cette liste comporte de nombreux cas de bénéficiaires n’ouvrant pas droit, voire des personnes étrangères à la région, au moment où de nombreux habitants d’Ouargla attendent vainement, depuis plusieurs années de figurer sur une des listes d’attribution de logements sociaux », ont déclaré jeudi les contestataires à l’APS. Ils dénoncent aussi un non respect de l’ordre chronologique de dépôt de dossier.

De son côté, le chef de daïra d’Ouargla veut calmer le jeu. Les protestataires disposent d’un délai réglementaire de 8 jours pour formuler des recours « au terme duquel il sera déclenché une phase d’étude de ces recours et une révision éventuelle de cette liste », a-t-il déclaré jeudi. « Plusieurs recours ont été déjà introduits », a-t-il indiqué. « Outre la voie de recours, une enquête sera déclenchée sur l’ensemble de la composante de cette liste préliminaire », a expliqué jeudi une source des services de la wilaya à l’APS. « Cette opération sera supervisée personnellement par le wali, Ali Bouguerra », a précisé cette même source.