La communauté juive, venue du monde entier, se retrouve ce weekend sur l’île de Djerba, à 500 km au large de Tunis. Cette année, les autorités tunisiennes ont décidé de renforcer le dispositif sécuritaire pour veiller au respect de ce rituel ancestral.

Une quinzaine de véhicules de l’armée et plusieurs barrages de police. Ce weekend, la ville de Ghriba sur l’île de Djerba est placée sous haute protection, alors que des Juifs affluent ce vendredi des quatre coins de la planète. “Il y aura beaucoup de policiers, il y a beaucoup d’efforts pour tout sécuriser”, apprécie Perez Trabelsi, l’un des organisateurs du pèlerinage des Juifs à Ghriba. En effet, les autorités tunisiennes ont déployés des renforts à des endroits stratégiques. On les retrouve donc sur “les circuits touristiques et les entrées de l’île, ainsi que dans les lieux où vivent les habitants juifs tunisiens de Djerba, et sur le site de la synagogue de la Ghriba” notamment, indique l’agence officielle TAP, qui rappelle que le premiers renforts ont été déployés dès le 20 avril.

Advertisement

“Il y a des flics cette année comme il faut, c’est magnifique”

Le gouvernement tunisien entend ainsi répondre à l’association de soutien au minorités locales qui se plaint d’une montée de l’antisémitisme dans le pays. En mars dernier, cette association avait accusé la justice de ne pas avoir instruit ses plaintes contre des islamistes qui se sont rendus coupables, selon l’ONG, d’incitation à la haine, un crime passible de trois ans de prison.

Important mais discret, ce dispositif satisfait les pèlerins. “Il y a des flics cette année comme il faut, c’est magnifique. Il y en a une bonne douzaine à l’entrée du quartier”, se réjouit Meyer Sabbagh, un promoteur immobilier parisien interrogé par l’AFP.

Tunisie : sécurité renforcée sur le lieu de pèlerinage juif

Malgré tout, le rituel religieux est loin d’attirer les foules. Depuis l’attentat du 11 avril 2002 revendiqué par Al-Qaïda, qui a tué 21 personnes, ils sont beaucoup moins nombreux à se recueillir à Ghriba. Ce weekend, moins de 500 pèlerins juifs sont attendus dans la ville alors qu’avant l’attaque terroriste jusqu’à 8 000 Juifs pouvaient assister aux processions. “Il y aura peut-être 1 000 personnes, mais ça va bien se passer et l’année prochaine il y en aura 2 000 puis 3 000. Tous les ans, il y aura plus de monde”, espère Perez Trabelsi, en renouvelant sa confiance au gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda pour assurer la sécurité des pèlerins.