Ces augmentations interviennent dans un contexte social fragile marqué par des manifestations et des grèves.

Voilà ce qui s’appelle «la solidarité parlementaire». Après les députés qui auraient eu une augmentation de salaire de 10 millions de centimes, les sénateurs leur emboîtent le pas. En effet, les sénateurs, ont vu, dès la fin du mois de janvier dernier, leurs primes d’hébergement augmenter. Selon des sources de la chambre haute du Parlement, la prime en question est passée de 64.000 à 120.000 DA. En effet, cette importante augmentation intervient au cœur de la polémique qu’a engendré l’augmentation qu’auraient à toucher les députés. Elle intervient également au moment où l’Etat opte pour la prudence dans les dépenses budgétaires maintenant que les prix du baril amorcent une chute sérieuse. C’est dans ce contexte que les salaires des sénateurs passent à 367.000 DA par mois. Là il s’agit, bien entendu des salaires des simples sénateurs. Par contre, les présidents de groupe, les présidents de commission ainsi que leurs vice-présidents toucheront un salaire qui avoisinera les 40 millions de centimes, ce qui signifie une augmentation de 20%. Quant au président du Conseil de la nation, ce dernier touchera un salaire égal à celui du Premier ministre, soit plus de 60 millions de centimes par mois.

Il faut savoir que ces augmentations interviennent au moment où les députés de la chambre basse ont vu aussi leur salaire augmenter de 300.000 DA à 400.000 DA. Une augmentation accordée sous la forme de plusieurs primes suite à une décision qui a été prise, la semaine dernière «lors de la réunion du bureau de l’APN consacrée à la gestion du budget de l’Assemblée populaire nationale», a indiqué une source parlementaire. «Le président de l’APN a accordé aux représentants du peuple une hausse de 40.000 DA de la prime de restauration et de transport et une autre prime de 20.000 DA pour les frais divers des députés lors de leurs déplacements pour assister aux séances de l’Assemblée et à l’utilisation du véhicule personnel», indique notre source La dernière augmentation salariale remonte à 2008, à la veille de la révision de la Constitution.

L’annonce de l’augmentation, est perçue comme une provocation par le simple citoyen. Alors, quand des grèves, des marches et des manifestations publiques font boule de neige dans toute l’Algérie, il faut penser à modifier les politiques sociales afin d’être plus souples avec les chômeurs et autres catégories à la situation précaire et exclus de la société. Alors que des services publics manquent de moyens, dont les hôpitaux, que les petits salaires stagnent, que les prix sont en hausse, que le pouvoir d’achat des Algériens est en baisse constante, que le citoyen ne sait plus comment payer sa facture de gaz et d’électricité…. la première démarche de nos élus consiste en l’augmentation de leurs primes et leurs salaires! Un scandale! Les sénateurs et les députés ont répondu n’avoir aucun commentaire à faire…. Il convient de noter enfin que ces augmentations interviennent dans un contexte social fragile marqué par des manifestations et des grèves et au moment où l’Etat pense réduire ses dépenses.

Lu sur L’Expression