Mardi soir, des intrus ont tenté d’encercler et de s’introduire dans la résidence universitaire pour filles de Ouled Fayet (Alger). Selon les témoignages des étudiantes que nous avons recueillis, une étudiante a été agressée à l’entrée de la résidence et les délinquants ont eu le temps de lui voler son portable avant que les agents de sécurité ne réagissent. A la suite de ce drame, les étudiantes ont entamé  immédiatement une marche pour demander plus de sécurité dans leur résidence.

Les résidences universitaires sont souvent montrées du doigt pour leur insalubrité et leur surpopulation. Dans les résidences pour filles, aux problèmes d’ordre matériel s’ajoutent celui de l’insécurité. Ces établissements sont souvent pris pour cible par des délinquants. En novembre 2011, une habitante de la résidence d’Ouled Fayet avait été agressée. En février 2013, un agent de sécurité de la résidence de Dely Brahim s’en est pris à l’une des étudiantes.

Les résidences non mixtes sont-elles la bonne solution pour offrir la sécurité aux étudiantes ? En 2009, l’office national des oeuvres universitaires (ONOU) avait annoncé la fin des résidences mixtes. Il ne resterait que 5 résidences mixtes sur les 315 existantes en Algérie, selon un article paru dans le Temps d’Algérie. Pour l’ONOU, la non-mixité se justifie par « des impératifs de gestion et aussi dans le but de sécuriser les filles. » Un argument qui parait bien faible au regard du nombre d’incidents parvenus ces dernières années. Au contraire, la mixité, bien qu’elle ne soit pas l’unique solution à l’insécurité, permettrait d’éviter que ces résidences universitaires soient prises pour cible pour l’unique raison qu’elles abritent des jeunes filles.

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