Une police des mœurs, voila tout ce que les salafistes ont trouvé comme solution aux problèmes auxquels fait face l’Algérie. Oui, une police de mœurs pour surveiller si les Algériens et Algériennes s’habillent correctement et conformément à la loi coranique.

C’est la priorité des priorités. Ni la diversification de l’économie, ni la démocratisation de l’Etat, ni la la fin de la répression des libertés publiques ou la lutte contre la corruption ne préoccupent les salafistes. Leur seul souci, c’est cette tentation que nous inspire ces filles dénudées. Une nudité qui dérange et perturbe. A en croire nos amis salafistes, les algériennes se baladent les seins nus ou en maillot de bain. Trop nues les Algériennes ?  Les salafistes en sont persuadés. Faut-il s’en inquiéter pour autant ? Non pour certains observateurs d’après lesquels le mouvement salafiste en Algérie n’est pas très politisé et ne représente pas une menace sérieuse pour la stabilité de l’Etat. Faux, disent d’autres qui crient au scandale et mettent en garde contre la conservatisme qui avance dangereusement dans notre pays à cause de pareils mouvements religieux. Ils appellent même à éradiquer manu militari les derniers germes du fanatisme. En réalité, le débat ne se situe nullement à ce niveau car les salafistes, comme toutes les autres composantes de la société, ont le droit de défendre leur projet, aussi obscurantiste qu’il soit, en restant dans les limites de la légalité. Ceci dit, la sécheresse intellectuelle et la médiocrité abyssale de ces salafistes qui veulent se frotter à la politique est devenue terrifiante. Comme en Tunisie, les salafistes algériens, du moins ceux qui sont à l’origine de cette initiative à savoir le Front de la renaissance libre islamiste salafiste algérienne, s’illustrent par des coups d’éclat. Des provocations largement relayées par les médias qui offrent finalement à ces extrémistes une magnifique tribune.

Mais au fond que représente ce mouvement ? Que propose-t-il réellement aux Algériens mis à part un retour à l’âge bédouin ? Absolument rien. Politiquement, le salafisme algérien se distingue par quelques figures de proue qui n’ont jamais mobilisé une grande foule. Leur discours religieux sensibilise et interpelle quelques catégories de la société. Mais son influence demeure limitée et sans portée. Propulser ces salafistes au rang de l’ennemi dangereux qui guette l’Algérie serait en dernier lieu leur rendre réellement service. Les Algériens sont, peut-être, conservateurs et naïfs, mais certainement pas idiots. Ils sont adultes et savent distinguer entre la rhétorique abêtissante et le débat politique. En plus, s’il faut une police de mœurs en Algérie, il faudra l’imposer à nos dirigeants qui dilapident nos richesses. Les marchés publics bradés et les caisses de l’Etat vidées menacent plus gravement le présent et l’avenir de notre pays que les rondeurs sensuelles de certaines femmes. Mais cela, les salafistes ne peuvent pas le comprendre puisqu’ils sont aussi partenaires dans cette farce qui cherche toujours des dindons en Algérie.

 

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