Poursuivi par de graves chefs d’inculpation, prononcés par le parquet d’Alger, pour s’être exprimé sur l’état de santé du Président Bouteflika, Hichem Aboud, le directeur de la publication de Mon Journal et de Djaridati, dénonce une mascarade de justice. Pour lui, la justice algérienne se trompe de cible.

Joint par téléphone, Hichem Aboud a mis en cause l’intégrité de la justice algérienne, qui préfère traîner en justice un journaliste et patron de presse plutôt que de poursuivre les personnalités politiques coupables d’actes frauduleux. « Le Procureur d’Alger ferait mieux de s’en prendre aux Chakib Khelil et à tous ceux qui se se servent dans les caisses de l’Etat », défend Hichem Aboud, faisant référence aux scandales de corruption en cascade, qui ont récemment éclaboussé l’Algérie.

Moins de 24 H après l’interdiction de parution de ses deux quotidiens, Mon Journal et Djaridati, décidée par le Ministère de la communication, Hichem Aboud fait face à de lourdes charges. Le parquet général près la cour d’Alger a effectivement ouvert une information judiciaire « pour atteinte à la sécurité de l’Etat, à l’unité nationale et à  la stabilité et au bon fonctionnement des institutions ». « Les propos tendancieux tenus sur certaines chaînes d’information étrangères, dont France 24, par le dénommé Aboud Hichem, sur l’état de santé du président de la République selon lesquels il se serait dégradé allant jusqu’à déclarer que le chef de l’Etat serait dans un état comateux» et «l’impact négatif direct de ces rumeurs sur l’opinion publique nationale et internationale», a justifié le Procureur d’Alger. S’il est reconnu coupable, Hichem Aboud risque pas moins de 10 ans de prison ferme.

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