Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la communauté harkie défile dimanche à Paris pour demander à la France de reconnaître le drame qu’ils ont vécu et décréter le 12 mai « Journée de l’abandon ».

Les harkis s’estiment victimes d’un grande injustice historique et affirment avoir été emprisonnés et torturés en Algérie.  Selon les chiffres avancés par plusieurs sources historiques, 100 000 harkis auraient combattu aux côtés des soldats français pendant la guerre d’Indépendance. Un rapport du Comité international de la Croix-Rouge du 8 mars 1963 croit savoir que les dépouilles de quelques 20 000 harkis auraient été retrouvées à la fin des hostilités de la Guerre d’Algérie.

Plus d’un demi-siècle après ces événements, le sentiment d’abandon reste fort chez la communauté harkie. Et ce dimanche, de nombreuses manifestation sont prévues dans tout l’Hexagone pour rappeler au Président français François Hollande à sa promesse électorale : reconnaître le préjudice subi par les harkis en votant un texte de loi et en mettant en place un fond de réparation. Le 5 avril 2012, François Hollande, alors candidat socialistes à la présidence française, s’était effectivement engagé à « reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France », s’il était élu Président. Mais, plus d’un an après son arrivée à l’Elysée, « aucune mesure n’a été prise pour la communauté harkie », regrette Boazza Gasmi, président du Comité national de liaison des harkis.

Pour le symbole et le devoir de mémoire, la communauté harkie demande également à faire du 12 mai la « Journée de l’abandon ». Cette date correspond à celle de l’envoi d’un télégramme signé par Pierre Messmer, alors ministre des Armées, interdisant aux officiers français de ramener les soldats d’origine algérienne qui ont combattu pour le compte de la France contre les Moudjahidine algériens.