Les salafistes algériens appellent à la création d’une police des moeurs. Un projet obscurantiste qu’ils n’hésitent pas à défendre publiquement, allant jusqu’à adresser une lettre aux hautes autorités du pays.

Dans une correspondance signée par Abdelfattah Hamadache Zeraoui, au nom d’une organisation appelée « Front de la renaissance libre islamiste salafiste algérienne », les animateurs de ce mouvement salafiste comptent imposer leurs idées rétrogrades et remettre sur le droit chemin, toutes personnes ne partageant pas leurs idées archaïques et leur mode de vie importé d’Arabie saoudite.

Le comble, les initiateurs de ce projet de police islamique, accusent l’Etat algérien d’avoir failli à sa mission d’assurer la pureté des moeurs, se proposant de suppléer aux forces de police pour réprimer  » les manifestations contraires à la morale islamique « .

Autrement, il ne sera plus permis aux jeunes couples de circuler, aux femmes de porter des mini-jupes, aux familles d’assister à des concerts. Pis encore, les interdits seront suspendus sur la tête des algériens telle une épée de Damoclès.

Les quelques bars encore ouverts, seront fermés, leurs amateurs tabassés, la vie nocturne sera bannie à tout jamais et la plage… elle aussi, ne sera plus à la portée des femmes, la nudité étant une ligne rouge à ne pas dépasser. Un scénario catastrophe qui se dessine et qui se précise, sans que les autorités concernées ne daignent, à ce jour, réagir et remettre ces individus à leur place.

Cela d’autant que ce sont les libertés individuelle et collective, voire le caractère Républicain du pays qui est menacé. Lors de son passage, il y a quelques jours, sur une chaîne de télévision privée, Hamadache Zeraoui, n’a pas hésité de parler de son projet de création d’une police des moeurs.

Il a même proposé d’apporter de l’aide aux services de police. Mais quelle ai- de ? Sévir contre tout comportement ou acte que ces semblables jugeraient peu conformes et ne répondant pas à l’islamisme rigoureux, n’ayant, faut-il le préciser, le moindre lien avec nos traditions, nos croyances et nos habitudes.

En termes plus simples, ces donneurs de leçons, comptent parachever le projet politique ayant échoué, grâce à la résistance farouche que leur ont opposée des intellectuels, des responsables politiques et des citoyens n’ayant pas cédé face à la menace terroriste durant les années 1990.

De nos jours, ces individus, dont un grand nombre sont composés de militants de l’ex-FIS dissous, tentent de revenir sur la scène politique sous différentes formes.

D’ailleurs, faut-il préciser que Hamadache Zeraoui est aussi le porte-parole des fondateurs d’un parti politique salafiste, dont la demande a été déposée il y a quelques mois, au niveau du ministère de l’Intérieur.

Sans couverture politique, leur projet de parti ne devant pas aboutir car en infraction avec la loi, les salafistes algériens n’hésitent pas à occuper le terrain et ne ratent pas la moindre occasion pour se faire connaître.

D’ailleurs, en proposant une police des moeurs, ils ne font qu’annoncer la couleur. Puisque leurs desseins devraient être beaucoup plus fanatiques et radicaux. Eux qui croient que seule leur raison est juste et qui n’acceptent jamais d’être contredits. La sonnette d’alarme est tirée.

Lu sur Les Débats