L’embargo sur les armes à destination des rebelles syriens a été levé lundi soir. La décision a été prise par les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles. En parallèle, les sanctions prises par l’UE contre le régime syrien sont prolongées.

La réunion des ministres européens s’est prolongée tard dans la soirée de lundi. La nuit était bien avancée lorsque William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères, s’est exprimé à l’issue de la concertation qui a duré douze heures. «Ce soir, l’UE a décidé de mettre fin à l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien», a-t-il déclaré avant d’ajouter : «c’est le résultat que souhaitait la Grande-Bretagne». Le Royaume-Uni ainsi que la France réclamaient en effet depuis plusieurs mois la possibilité de fournir des armes à l’opposition syrienne modérée. Selon William Hague, il s’agit en tout cas «de la bonne décision» car elle «envoie un message très fort de l’Europe au régime d’Assad». L’officiel britannique a néanmoins affirmé que son pays n’allait pas envoyer des armes aux rebelles «dans l’immédiat».

L’opposition très forte de plusieurs pays à cette décision a rendu les discussions entre ministres «difficiles», selon des diplomates présents. L’Autriche et la République tchèque étaient particulièrement en désaccord avec la levée de l’embargo. Les déclarations de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’UE, se voulaient en tout cas rassurantes puisqu’elle a souligné que la fourniture d’armes était «destinée à la protection des civils» et soumise à un certain nombre de conditions, en particulier en termes de contrôles sur les destinataires.

Cette décision sera réexaminée avant le 1er août par l’Union Européenne à la lumière des résultats de la conférence Genève-2. Initiée par les Etats-Unis et la Russie, cette conférence internationale est prévue en juin prochain. La Syrie a par ailleurs déclaré qu’elle y participerait. Une annonce saluée par  le gouvernement algérien. «Nous prenons note, avec satisfaction, de la décision de principe de la Syrie de participer à la conférence internationale qui doit avoir lieu à Genève en juin prochain», a indiqué lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, dans une déclaration à l’APS. Amar Belani a également appelé «toutes les parties prenantes de la crise syrienne, ainsi que les pays de la région à saisir cette occasion pour amorcer un processus politique susceptible de mettre fin à un conflit meurtrier qui a trop duré».

La Rédaction avec AFP et APS

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