Pour lutter contre la faim dans le monde, un organisme affilié à l’ONU préconise de consommer des insectes. Une habitude qui entre difficilement dans les mœurs.

Dans moins de 20 ans, il faudra nourrir plus de 9 milliards de personnes dans le monde. Un défi colossal et quasiment insurmontable si l’on se contente de viande et de poisson. Pour amorcer les crise de famine et de sécheresse, la FAO, l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, encourage, dans son rapport publié lundi, l’élevage d’insectes à grande échelle. Une source précieuse de nourriture que la FAO promeut depuis 2008.

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Aussi riche en protéine que du boeuf

Nutritifs, écologiques et délicieux, les insectes ont plusieurs atouts à faire valoir, explique en substance dans son rapport la FAO, qui précise qu’ils « peuvent être consommés entiers ou réduits en poudre ou pâte et incorporés à d’autres aliments ». Bien plus qu’un casse-croûte ou qu’un apéritif, ces bestioles « riches en protéines » constituent une véritable alternative contre les famine, estime la FAO. Abondants, ils se reproduisent très rapidement. Et leur production utilisent moins d’eau, moins de nourriture et produisent moins de gaz à effets de serre que du bétail. Ainsi, deux kilos d’aliments sont nécessaires pour produire un kilo d’insectes, alors que les bovins exigent huit kilos d’aliment pour la même proportion, indique le rapport présenté hier à Rome par Eduardo Rojas Briales, directeur-général adjoint pour les forêts de la FAO. Riches en goût et en saveur, il existe environ 900 espèces d’insectes comestibles.

Les Asiatiques et Africains en raffolent

L’entomophagie, le nom scientifique pour la consommation d’insecte par les êtres humains, concerne aujourd’hui environ deux milliards de personnes dans le monde. Si en Asie, en Amérique latine et en Afrique, on se délecte de larves, guêpes et autres scorpions ne sont pas encore rentrés dans les menus dans les pays arabes et musulmans. En Algérie, seul les habitants du Sud sont friands de criquets grillés, vendus en cornets. Alors à quand une révolution dans nos assiettes ?