L’immunité parlementaire dont bénéficient les députés commence à devenir véritablement un problème d’ordre public. Dans la localité de Ksar El Boukhari, dans la wilaya de Médéa, un député, portant les initiales de T. M., s’en est violemment pris à une représentante légale de l’Algérienne des eaux, comme l’a rapporté le quotidien arabophone «El Khabar», dans son édition d’aujourd’hui.

Constatant que le concerné avait procédé à un branchement illicite – ce qui est déjà une aberration – l’entreprise publique a dépêché sur les lieux la victime accompagnée de quelques autres employés ainsi que d’un huissier de justice désigné par le président de la cour de Ksar El Boukhari. Le député a procédé à ce branchement, sans autorisation donc, afin d’alimenter une laiterie dont il est propriétaire. La victime a déclaré que celui-ci a d’abord tenté de chasser l’équipe de sa propriété avant de l’agresser. «Il m’a insultée et m’a tirée par les cheveux en me mettant à terre avant de me mordre à la main», a déclaré la victime. Celle-ci affirme aussi que le député l’a menacée de mort en l’entendant demander à un de ses employés de lui rapporter l’arme à feu qu’il avait dans son bureau. Le député a, par la suite, selon les dires de la représentante de l’Algérienne des eaux, détruit le téléphone portable et un appareil photo de la victime afin de faire disparaître toute trace de l’agression étant donné que celle-ci a filmé cette scène. Après avoir été secourue, le médecin légiste a donné 15 jours d’incapacité à la victime.

Ce n’est pas la première fois qu’un député fait preuve d’un tel comportement. Et à chaque fois, la justice fait face à l’impossibilité de poursuivre en justice ces personnalités en raison de l’immunité parlementaire dont ils bénéficient. Et certains députés profitent de cet avantage afin de régler leurs comptes et de profiter d’une situation d’une manière complètement illégale.

Elyas Nour

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