Ils attendaient sa victoire, ils ont été exaucés. Les Palestiniens ont fêté toute la nuit de samedi le succès historique au télé-crochet « Arab Idol » de leur coqueluche Mohammad Assaf. Un jeune chanteur de 23 ans, originaire de la bande de Ghaza, qui a suscité un engouement sans précédent dans les Territoires occupés et dans tout le monde arabe avec ses chants patriotiques.

Inédit. Longtemps donné favori face à son concurrent égyptien et sa rivale syrienne, Mohammed Assaf est le premier Palestinien à s’illustrer aussi brillamment dans le télé-crochet panarabe « Arab Idol ». Confirmant tous les pronostics, ce jeune homme de 23 ans, né à Misrata en Libye mais résidant dans le sud de la bande de Ghaza, à Khan Younès, a remporté haut la main la compétition dont la finale s’est tenue samedi soir à Beyrouth, au Liban.

A quelques kilomètres de là, hôtels, restaurants, cafés avaient été pris d’assaut dans les Territoires occupés pour suivre en direct la retransmission du programme. Et de la bande de Ghaza à la Cisjordanie en passant par Jérusalem-Est, les célébrations ont éclaté un peu partout à l’annonce des résultats. Brandissant des portraits du chanteur à l’allure juvénile, les habitants des Territoires occupés sont descendus dans la rue pour manifester leur joie et fierté de la nuit de samedi à dimanche. Coups de klaxon et explosions de pétard se sont faits entendre jusque tard dans la nuit. Des scènes d’allégresse jamais vues à Ghaza et en Cisjordanie depuis plusieurs mois. Mais aux abords des remparts de la vieille ville de Jérusalem, la police israélienne a coupé court aux festivités en procédant à l’interpellation de quelques jeunes, sortis acclamés leur héros.

Doté d’un timbre de voix rare, celui que les membres du jury surnomment affectueusement « la roquette » a su émouvoir jusqu’aux larmes ses acolytes en reprenant tout au long du programme des chansons issues du répertoire nationaliste palestinien. A l’instar de sa dernière prestation vendredi quand Mohammad Assaf a bouleversé le public avec un chant patriotique, « Ally el-Kofiya » (littéralement « Brandis le keffieh »). Ses premiers mots de victoire,  il les a d’ailleurs eu pour sa terre occupée, ses martyrs et ses prisonniers.

Ce jeune Ghazaoui a ainsi le mérite d’unir tout le peuple palestinien derrière lui. Il va d’ailleurs être nommé comme le premier ambassadeur de la jeunesse dans la région par l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), a annoncé dans un communiqué cette instance internationale, qualifiant sa victoire de « fantastique ».

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