L’enseignement de l’anatomie à l’université doit-il se faire sur cadavre ou sur maquette ? Telle a été la question débattue ce mardi au siège du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. 

Médecins et chercheurs se sont réunis au ministère et ont remis en cause l’apprentissage de l’anatomie sur maquette, qui est pratiqué depuis des années en Algérie. Selon eux, la maquette ne pourra jamais remplacer le cadavre pour l’enseignement médical. Or les universités doivent faire face à de nombreuses contraintes administratives pour utiliser des corps lors des cours.

Les conférenciers ont donc réfléchi aux mécanismes juridiques à mettre en place afin que les différentes écoles spécialisées et universités soient alimentées en cadavres. Le professeur Si Salah Hammoudi a indiqué à l’APS que depuis 1980, «les laboratoires qui recevaient des cadavres régulièrement des services de médecine légale ne sont plus alimentés pour des raisons ignorées». Avant cette date, cela se faisait normalement. La chose est même tolérée sur le plan religieux. Présent à la rencontre, un représentant du Haut conseil islamique (HCI), en l’occurrence le cheikh Mohamed Chérif Gaher, a rappelé qu’une fetwa de cette instance avait autorisé les dissections sur cadavres à des fins scientifiques.

En tout cas, les chercheurs ayant pris part à cette rencontre se sont tous accordés pour dire que cette démarche est réellement une nécessité, au regard de l’aspect positif que peut apporter un enseignement pratique. Maintenant, il reste à savoir si les autorités vont répondre favorablement à leurs doléances. 

Elyas Nour

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