«Il y a quatre ans jour pour jour, les autorités jordaniennes ont fait appel à l’Algérie afin que l’Armée nationale populaire intervienne dans l’immense désert jordanien et neutralise des milliers de mines enterrées par l’armée israélienne «, révèle au Jeune Indépendant le président de l’association AFRAPRADESA, l’Algérien Omar Abdesselem.

L’armée algérienne, de plus en plus performante, est sollicitée du fait même de son expérience par plusieurs pays arabes afin d’intervenir dans le déminage de sols. Pour le président d’AFRAPRADESA, cette expérience de l’armée algérienne a permis de neutraliser des milliers de mines antipersonnel dans les frontières jordaniennes, enterrées par l’armée israélienne en 1973 lors de la guerre menée par les pays arabes contre Israël pour la reconquête des terres palestiniennes.«Notre armée avait été sollicitée par la Jordanie pour localiser puis neutraliser les mines israéliennes, d’autant que l’expérience de l’ANP est devenue un modèle et un prestige pour les armées des pays arabes», ajoute le président d’AFRAPRADESA. Sur un autre registre, Omar Abdesselem a qualifié, par la même occasion, la remise de la carte des mines par la France à l’Algérie comme un non-événement venu trop tard.

Pourquoi ? Selon lui, les mines françaises qui avaient été enterrées durant la période du colonialisme ont, depuis, changé de place à cause de l’avancée des sables et des vents violents qui soufflent dans le désert algérien. Ainsi, cette carte française qui indique le lieu des mines antipersonnel enterrées sur le territoire algérien s’avère, dès lors, inefficace et donc inutile. «La carte des mines que la France avait remise à l’Algérie n’a plus d’efficacité, car les mines ont déménagé de leurs places «, explique-t-il. Aujourd’hui, l’Algérie continue à compter ses morts, chaque année.

L’année passée, plus de vingt Algériens ont péri suite à l’explosion de mines antipersonnel enterrées par l’armée française durant son occupation. Le chiffre sera beaucoup plus conséquent dans l’avenir, car il est très difficile de localiser ces mines en un temps record, et de les neutraliser à moindre coût.

Les affres du colonialisme français en Algérie se font toujours sentir. Cela intervient au moment où les autorités françaises, sous l’ère de François Hollande, refusent de demander pardon aux Algériens. La visite en février dernier du président français, à Alger avait été très attendue par les Algériens, tout le monde ayant cru que la France allait présenter ses excuses.

Bien au contraire, François Hollande a même expliqué, lors de son discours à l’université de Constantine, que la France ne peut présenter des excuses aux Algériens, car, dit-il, les deux peuples algérien et français ont besoin d’aller de l’avant et d’espérer un avenir meilleur, tout en oubliant le passé car ce dernier appartient à l’histoire. Voilà comment Hollande avait répondu aux attentes des Algériens, qui, eux, continuent à ce jour d’être victimes de mines françaises.

Lu sur Le Jeune Indépendant 

 

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