Une légende de l’athlétisme français s’est éteinte jeudi soir. C’est à l’âge de 92 ans qu’Alain Mimoun a rendu son dernier soupir, a-t-on appris vendredi auprès de la Fédération française d’athlétisme. Le clou de sa carrière restera sa victoire sur l’épreuve de marathon aux Jeux Olympiques de Melbourne en 1956.

Né en Algérie le 1 er janvier 1921 sous le nom d’O’Kacha Mimoum, cet ancien combattant de la seconde guerre mondiale a découvert la course à pied lors de son service militaire chez les tirailleurs algériens. Au total, ce coureur de fond a remporté une trentaine de titres nationaux et internationaux sur des distances variées : 5.000 m, 10.000 m, en cross et en marathon, régnant sur la discipline dans l’Hexagone.

Alain Mimoun a 35 ans quand il décroche l’or olympique à l’occasion des premiers Jeux organisés dans les antipodes, à savoir à Melbourne en Australie. Heureux de voir « enfin monter le drapeau au mât du milieu ». Cet exploit, Alain Mimoun l’a bâti d’arrache pied, grâce à des heures d’entrainement dans le plus pure anonymat. Même à ses proches, l’athlète français d’origine algérienne avait caché ses ambitions. « Il s’entraînait trois fois par jour (pour un total quotidien de 35 km) et ce n’était sûrement pas pour le 10.000 m. Même s’il m’avait dit qu’il ne disputerait pas le marathon », avait expliqué en 2006, lors d’un entretien avec l’AFP, son épouse Germaine.

Depuis l’annonce de sa disparition ce vendredi, les hommages de ses pairs se multiplient pour saluer un homme de caractère à la résistance inouïe. En effet, à son âge avancé, il ne se lassait pas de courir encore plusieurs kilomètres quotidiennement. Autre symbole de sa ténacité exceptionnelle : Alain Mimoun a décroché son dernier titre de champion de France de marathon à l’âge de 45 ans, en 1966. Il détient d’ailleurs plusieurs records nationaux dans la catégorie vétérans. C’est sur son compte Twitter que Mehdi Baala, médaillé de bronze aux JO de Pékin sur le 1 500 m, a réagit :

De son côté, Stéphane Diagana, champion européen sur 400 m haies, a partagé sa tristesse au micro de la chaîne française BFM-TV. « J’avais l’impression que ça ne pouvait jamais lui arriver parce que je le voyais encore quand j’étais athlète, il devait avoir 75-80 ans, il courait encore dans le bois de Vincennes, donc toujours la passion de la course à pied », a-t-il confié. « Je le pensais en bonne santé, j’ai toujours ces images en tête de quelqu’un de très âgé mais qui encore courait ou marchait ou était très actif », a-t-il ajouté.